14.06.2017 à 11:25

Freienbach (SZ)Le directeur d'Uber Suisse prend la porte

Le groupe est actuellement englué dans plusieurs affaires, sur fond d'accusations de sexisme, de harcèlement ou de vol de technologies.

Rasoul Jalali veut lancer de nouveaux modèles d'affaires dans le domaine du numérique.

Rasoul Jalali veut lancer de nouveaux modèles d'affaires dans le domaine du numérique.

Keystone

Après le retrait provisoire du patron d'Uber, Travis Kalanick, le directeur du spécialiste de la location de voitures avec chauffeur pour la Suisse, l'Allemagne et l'Autriche, Rasoul Jalali, quitte ses fonctions. Son successeur n'est pour l'heure pas encore désigné.

A compter du mois d'août, Rasoul Jalali siégera au conseil d'administration de Pegasus Digital. Dans un communiqué publié mardi, l'entreprise sise à Freienbach (SZ), qui se revendique comme un laboratoire d'idées, précise que Rasoul Jalali veut se concentrer sur l'élaboration et le lancement de nouveaux modèles d'affaires dans le secteur numérique.

Agé de 35 ans, Rasoul Jalali a participé ces trois dernières années au développement des activités d'Uber en Suisse. La société américaine, fondée en 2009 à San Francisco, permet de louer une voiture avec chauffeur par l'entremise d'une app pour smartphones, à un prix nettement inférieur à celui d'une course en taxi.

Malgré sa rapide expansion et un gros bas de laine après des levées de fonds auprès d'investisseurs, l'entreprise californienne a perdu 2,8 milliards de dollars (3 milliards de francs) en 2016. Celle-ci n'a toujours pas dégagé de bénéfices depuis ses débuts.

Affaires

Uber est aussi engluée dans plusieurs affaires, sur fond d'accusations de sexisme, de harcèlement ou de vol de technologies. Mardi, le controversé patron du groupe, Travis Kalanick, s'est provisoirement retiré de ses fonctions, après le départ dimanche du numéro deux, Emil Michael.

A l'image de Emil Michael, Travis Kalanick est accusé d'avoir encouragé des pratiques managériales douteuses, et de ne pas avoir de stratégie pour l'entreprise. La semaine dernière, le groupe a annoncé le renvoi de 20 salariés après 215 plaintes en interne, faisant état de harcèlement (sexuel ou non) ou d'intimidations.

Uber a aussi recruté deux femmes à des postes-clés pour améliorer l'image de l'entreprise et s'attaquer aux problèmes de management. La mise à l'écart de Travis Kalanick était indirectement préconisée par le cabinet d'avocats chargé d'enquêter sur la réputation sulfureuse du groupe, et dont les recommandations ont été approuvées.

Selon ce document de 13 pages, Uber doit «revoir» les responsabilités de Travis Kalanick, notamment en réfléchissant à celles qui pourraient «être partagées» ou «confiées à d'autres».Pendant l'intérim, d'une durée inconnue, Travis Kalanick laissera la main mais restera disponible pour les décisions importantes.

(ats)

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