Automobile - Le directeur général de Renault exclut une fusion avec Nissan
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AutomobileLe directeur général de Renault exclut une fusion avec Nissan

Dans un quotidien italien, Luca de Meo, patron de Renault, parle de coopération avec le constructeur japonais. Pas de mariage, qui n’aurait pas de «sens opérationnel».

Le directeur général de Renault, Luca de Meo (à gauche, en discussion avec la chancelière allemande, Angela Merkel, mardi, au Salon de l’auto de Munich), envisage beaucoup plus de coopération avec Nissan. «Et cela sera possible si l’alliance Renault - Nissan - Mitsubishi Motors évolue.»

Le directeur général de Renault, Luca de Meo (à gauche, en discussion avec la chancelière allemande, Angela Merkel, mardi, au Salon de l’auto de Munich), envisage beaucoup plus de coopération avec Nissan. «Et cela sera possible si l’alliance Renault - Nissan - Mitsubishi Motors évolue.»

AFP

Le directeur général de Renault a exclu une fusion avec Nissan, dont le Français est le principal actionnaire, mais a estimé que «beaucoup plus de coopération» était possible entre les deux constructeurs, dans un entretien avec un journal italien, «Il Sole - 24 Ore», mercredi.

«Depuis 2010, la logique a toujours été de faire converger les organisations de Renault et Nissan pour préparer la fusion. Je ne vois pas ça, je n’imagine pas une fusion, car je ne suis pas sûr que cela ait un sens opérationnel», a déclaré Luca de Meo au quotidien italien. «Je vois en revanche beaucoup plus de coopération, et cela sera possible si l’alliance Renault - Nissan - Mitsubishi Motors évolue. Dans quelle direction, on verra»

Le président de Renault et de l’alliance, Jean-Dominique Senard, a déjà lui aussi déclaré à plusieurs reprises qu’une fusion n’était plus nécessaire.

Tensions après l’affaire Carlos Ghosn

Les relations entre Renault et Nissan s’étaient tendues en raison, notamment, de l’inégalité de leurs participations croisées et avaient éclaté au grand jour en 2018-2019, avec l’affaire Carlos Ghosn. Celui qui était le grand patron de l’alliance Renault - Nissan - Mitsubishi Motors à l’époque avait été arrêté, puis inculpé au Japon pour diverses malversations financières présumées. Il a fui au Liban fin 2019, d’où il continue de clamer son innocence et de dénoncer un complot ourdi, selon lui, par Nissan avec l’appui du gouvernement japonais, pour le faire tomber et éviter ainsi une union plus étroite avec Renault, qui était alors en projet.

«Nous sommes mariés depuis 20 ans, il y a des enfants, il y a des moments de tension, mais nous avons tant à gagner en restant alignés dans les politiques de développement futur.»

Luca de Meo, directeur général de Renault

Le constructeur tricolore, dont l’État français possède environ 15% du capital – un autre facteur d’inquiétude pour les Japonais –, contrôle 43,4% du capital de Nissan, alors que le constructeur nippon ne détient que 15% des parts de Renault, sans droits de vote.

«Un cessez-le-feu»

Les relations entre les deux grands noms de l’automobile se sont réchauffées depuis l’arrivée, fin 2019, d’une nouvelle équipe dirigeante proalliance à la tête du groupe japonais. Affaiblis par la pandémie et désormais par la pénurie de semi-conducteurs, les trois groupes de l’alliance ont présenté, en mai 2020, une nouvelle stratégie mondiale destinée à renforcer leur compétitivité et leur rentabilité, en s’appuyant chacun sur les forces de l’autre.

Interrogé récemment par le quotidien économique japonais «Nikkei», un haut responsable de Nissan a toutefois estimé, sous couvert de l’anonymat, que la relation avec Renault ressemblait plutôt à un «cessez-le-feu», en mettant provisoirement de côté les sujets qui fâchent, à cause de difficultés opérationnelles plus urgentes à régler chez l’un comme l’autre.

Renault «à un poids idéal» pour ses affaires

Arrivé en juillet 2020 chez Renault, Luca de Meo voit pour sa part dans cette longue alliance un possible facteur de succès. «Nous devons utiliser le fait que nous sommes mariés depuis 20 ans, il y a des enfants, il y a des moments de tension, mais nous avons tant à gagner en restant alignés» dans les politiques de développement futur, a-t-il insisté.

«En 2018, Renault-Nissan était techniquement, en termes de volumes de ventes et d’immatriculations, numéro 1 au monde, mais si le numéro 1 au monde ne gagne pas d’argent, ça veut dire que ce modèle ne fonctionne pas sur le long terme», a-t-il dit, expliquant avoir mis Renault «au régime, pour faire revenir le groupe à un poids idéal pour ses affaires».

Version originale publiée sur 20min.ch

(AFP)

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