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CouléeLe disparu était adoré de ses élèves

Décédé en heurtant un arbre, dimanche à Nendaz (VS), Fabrice Chapatte, 34 ans, était un prof de sport très apprécié. Ses élèves sont sous le choc.

par
Anne-Florence Pasquier

«On est tous choqués, il était l’un de nos profs préférés et avait la joie de vivre, il était jeune», déclare Alizée, bouleversée. Elle et ses camarades du collège de Beausobre à Morges ont appris avec une grande tristesse le décès de leur professeur de sport et de géographie. La disparition de Fabrice Chapatte, 34 ans, est symptomatique de cet hiver trop meurtrier. Il fait partie des onze victimes d’avalanche depuis le début de la saison. Surtout, l’enseignant était non seulement un prof de ski, mais c’était un expert: il détenait également le plus haut niveau de formation suisse dans le domaine et avait suivi une formation sur les dangers d’avalanche.

Malchance fatale

Le freerider connaissait bien les mesures de sécurité à prendre. Dimanche matin, avant de partir skier à Nendaz (VS), il s’était donc équipé de tout le matériel nécessaire pour sa sécurité. C’est accompagné d’un ami qu’il se dirigeait vers la région de Tracouet. Ils ont décidé d’emprunter le couloir, au lieu-dit Croix de Jean-Pierre, un passage hors piste, bien connu de ces derniers. Son ami est descendu le premier, mais le Vaudois, pour une raison inconnue, a emprunté un autre chemin dans la forêt. C’est alors qu’une petite coulée s’est déclenchée et que le prof s’est fait emporter sur 50 mètres avant de percuter brutalement un arbre. «Il aurait pu s’en sortir s’il n’avait pas percuté un arbre», raconte la compagne de la victime, dévastée par la perte de son ami. Les secours sont alertés par le premier skieur. «Il n’était pas enseveli dans la neige. Les secouristes ont essayé de le réanimer durant trente minutes, mais il a été tué sur le coup», poursuit-elle. ««Le freeride c’était sa passion. Il a toujours été des plus prudents. On avait tellement de projets ensemble...», lâche-t-elle avant de fondre en larmes. «Il était loin d’être une tête brûlée, il était très consciencieux, affirme Loris Falquet, freerider professionnel et proche de la victime. Cela aurait aussi pu nous arriver. C’est la pire saison qu’on puisse avoir.»

Hommages

Les élèves de Fabrice ont été avertis hier matin. Une cellule de crise avec une psychologue et des médiateurs a été mise en place. «Nous sommes tous très émus, il était un professeur formidable», a déclaré la directrice du collège Béatrice Engeli. Très touchés par la disparition de leur enseignant, plusieurs élèves vont déposer des fleurs dans la salle de sport. A la bibliothèque du collège, les jeunes inscrivent des messages dans un livre de souvenir. Amis, famille et élèves garderont de lui son sourire et sa grande empathie envers les autres.

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