Football - Le FC Sion a-t-il eu raison de garder Guillaume Hoarau?
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FootballLe FC Sion a-t-il eu raison de garder Guillaume Hoarau?

À 37 ans, le Français peut encore être décisif, mais à certaines conditions, assurent Gabet Chapuisat et un préparateur physique fin connaisseur de la Super League.

par
André Boschetti
Guillaume Hoarau aura bien d’autres occasions de remercier un public valaisan qui sera enfin nombreux à Tourbillon.

Guillaume Hoarau aura bien d’autres occasions de remercier un public valaisan qui sera enfin nombreux à Tourbillon.

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Mardi, le FC Sion annonçait la prolongation du contrat de Guillaume Hoarau pour une saison supplémentaire. Après une saison très tourmentée, le club valaisan a donc décidé de faire à nouveau confiance à l’un de ceux qui ont largement contribué à son maintien en Super League. Et cela bien que l’attaquant français, victime de plusieurs petites blessures, n’ait pu disputer que 22 des 36 matches au calendrier.

Suffisant toutefois pour que Guillaume Hoarau pointe au troisième rang des meilleurs buteurs de l’équipe sédunoise avec six réussites et trois passes décisives. Trois de moins qu’Anto Grgic (en 33 matches) et Gaëtan Karlen (32). Mais à la différence de ses deux coéquipiers, l’ancien international français a exclusivement marqué, et passé, lors des huit dernières et cruciales rencontres de championnat. Sans oublier bien sûr ses deux buts supplémentaires inscrits du barrage contre Thoune.

Deux derniers exercices compliqués

«Cette prolongation de contrat est tout sauf une surprise pour moi, commente Gabet Chapuisat. Même s’il n’est plus le joueur que l’on a connu à son arrivée aux Young Boys en 2014, il reste une valeur sûre pour un club comme Sion. Le premier heureux de cette décision du président doit d’ailleurs être son entraîneur, Marco Walker, qui a eu le mérite de lui accorder une chance de montrer que ses qualités de buteur étaient intactes. Une opportunité que lui avait étrangement refusée son prédécesseur, Fabio Grosso.»

Ancien joueur puis entraîneur, Gabet Chapuisat a toutefois un petit doute sur la capacité du Réunionnais à enchaîner les matches. «Je pense qu’il lui sera difficile, cette saison, de confirmer son excellente fin de championnat. Quoi qu’il en soit, l’entraîneur devra savoir lui accorder des plages de repos même si la compétition sera moins exigeante physiquement puisque ces 36 matches seront étalés sur une dizaine de mois au lieu des huit du dernier exercice. Cela dit, si j’avais été directeur sportif du FC Sion, j’aurais peut-être choisi de faire confiance à deux bons jeunes joueurs plutôt qu’à un ancien. Même si, je le répète, je comprends parfaitement cette décision des Valaisans de miser une saison encore sur Hoarau.»

«L’entraîneur devra savoir lui accorder des plages de repos même si la compétition sera moins exigeante physiquement puisque ces 36 matches seront étalés sur une dizaine de mois au lieu des huit du dernier exercice.»

Guillaume Hoarau l’a dit et répété, avec parfois une pointe compréhensible d’agacement, qu’il n’appréciait pas beaucoup que l’on évoque régulièrement son âge. Reste qu’à 37 ans et après deux dernières saisons où il n’a pu disputer que 17 puis 22 matches, le doute sur sa capacité à beaucoup jouer existe.

Réponse en mai prochain

Un préparateur physique qui a travaillé en Super League ne le cache d’ailleurs pas. «Je ne connais pas personnellement Guillaume Hoarau, explique-t-il, mais il me semble évident qu’il ne peut, ni ne doit, être traité comme un joueur lambda. En accord avec le staff, il faudra qu’il choisisse ses matches et s’accorde du repos supplémentaire car il est logique qu’à son âge et avec ses récents pépins physiques, il ne sera pas en mesure d’aligner 36 matches à un haut niveau. Il ne faut pas non plus négliger la difficulté pour son corps et ses articulations de devoir évoluer sur des surfaces de jeu différentes tout au long de la saison. Mais s’il gère bien ses efforts, Hoarau sera, j’en suis convaincu, encore capable de faire la différence, même s’il n’est plus l’attaquant dominant qu’il était avec YB.»

Quant à savoir si Christian Constantin a eu raison d’accorder une rallonge à son sauveur, il faudra se montrer patient. «On ne saura qu’en fin de saison si le président a réalisé un joli coup», clament nos deux interlocuteurs.

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