Football - Le FC Sion a vaincu le syndrome de Tourbillon
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FootballLe FC Sion a vaincu le syndrome de Tourbillon

Le club valaisan a enfin su faire la différence à domicile en dominant Saint-Gall (3-1). Une malédiction brisée qui doit beaucoup au doublé de Wesley.

par
Nicolas Jacquier
(Sion)

Chaque fois que le FC Saint-Gall se déplace à Tourbillon, les plus nostalgiques en profitent pour célébrer les retrouvailles avec Peter Zeidler, dont le passage en Valais avait marqué les esprits. Le technicien allemand n’était pourtant resté que huit mois installé sur le banc du FC Sion (entre août 2016 et avril 2017), mais personne n’a oublié la qualité du spectacle naguère proposé. Sans doute parce qu’on ne devait plus jamais rien voir de pareil depuis cet automne flamboyant, confirmant un divorce, sinon une fracture, sur fond de perte d'identité.

Entre audaces assumées, jeu séduisant et panache, ce FC Sion version Zeidler décoiffait, carburant à la moyenne de 2 points par match. Le coach avait néanmoins été débarqué quelques semaines avant la finale de la Coupe pour ce qui allait être le péché originel aux yeux de beaucoup. À l’époque, le successeur de Didier Tholot avait entamé son mandat en enchaînant 7 victoires et 2 nuls à domicile. Samedi soir, il a peut-être eu l’occasion d’évoquer ce temps béni avec Christian Constantin, qu’il a croisé avant le coup d’envoi et avec lequel il devait longuement discuter...

«C’est lorsque ses joueurs se sont affranchis de la peur sournoise (de mal faire?) brimant leur expression qu’on les a sentis le plus à l’aise»

S’imposer à Tourbillon devant son public, c’est bien là, en comparaison, tout le problème auquel était confronté de manière récurrente le FC Sion, et surtout Paolo Tramezzani, dont le bilan at home se limitait à une victoire - fêtée contre Bâle en juillet 2020 - en 16 rencontres réparties sur trois périodes distinctes avant d’accueillir justement Saint-Gall. Pour Sion, privé de victoire à Tourbillon depuis le 28 août, l’interminable attente a pris fin de la plus belle des façons. Les protégés de Tramezzani n’ont certes pas tout fait juste samedi soir, mais ils ont eu le mérite de ne jamais renoncer pour cueillir trois points qui les font grimper dans la hiérarchie.

Soulagé, il Mister doit mieux respirer, lui qui est en train de donner un style à l’équipe. Il y a bien eu quelques frayeurs, quand Saint-Gall passa près du 2-0 (24e, volée de Görtler), mais la vérité impose de convenir que Sion a su proposer d’excellents mouvements, qu’il convient de faire fructifier. C’est lorsque ses joueurs se sont affranchis de la peur sournoise (de mal faire?) brimant leur expression qu’on les a sentis le plus à l’aise.

Après une réponse individuelle donnée par Stojilkovic (auteur de l’égalisation), la suite allait être beaucoup plus collective. Plus ensoleillée aussi, avec deux autres buts d’inspiration 100% brésilienne, Wesley se chargeant de réchauffer l’assistance en transformant des offrandes offertes par Itetinga puis Baltazar.

Le FC Sion de Tramezzani ne joue peut-être pas encore comme celui de Zeidler à l’époque, mais il a au moins déjà montré qu’il pouvait lui aussi gagner devant son public. Lequel ne s’y est pas trompé en fêtant ses héros pour une communion retrouvée. Parmi ceux-ci figurait le revenant Kabashi, retrouvant les joies du terrain après une grave blessure qui l’en avait éloigné durant 15 mois.

Et si, en brisant la malédiction qui le frappait à Tourbillon, le FC Sion s’était inventé un destin plus souriant? Quand il s’exprime ainsi, son potentiel l’autorise à regarder bien plus haut.

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