Football: Le FC Sion est-il prêt à vivre une saison «normale»?

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FootballLe FC Sion est-il prêt à vivre une saison «normale»?

Le club valaisan privé de finale, l’heure est à la reconstruction à Tourbillon. Au-delà des allées et venues qui vont inévitablement rythmer l’été, la question centrale de la stabilité devrait guider sa réflexion.

par
Nicolas Jacquier

Voici une semaine, le FC Sion tremblait encore pour sa survie en Super League, n’étant plus maître de son destin avant l’ultime journée du championnat. Le voici aujourd’hui en vacances, privé certes par YB, vainqueur 3-1 à l’arraché dimanche, d’une nouvelle finale de Coupe de Suisse. La perspective de soulever une quatorzième fois le trophée s’est envolée. Mais le FC Sion appartient toujours à l’élite helvétique, ce qui demeurait bien évidemment la priorité des priorités.

Au moment où Thoune est tout sauf assuré de réussir à conserver sa place, Christian Constantin pourra tranquillement suivre ce lundi la deuxième «mi-temps» du barrage. Vaduz s’est chargé de le démontrer en s’imposant 2-0 dès vendredi soir dans la Principauté, cette double confrontation n’a rien de l’aimable promenade que nombre d’experts garantissaient au représentant de l’échelon supérieur. C’est dire combien le succès de l’opération maintien, obtenu avec la complicité du FC Zurich, a permis à chacun d’être débarrassé d’un poids terrible.

Voilà qui va au moins clarifier la situation

Après avoir dû évoluer au Wankdorf pendant près d’une heure en infériorité numérique – une sale habitude dont il lui faudra se débarrasser dès la rentrée -, Sion en restera donc là, sur un sentiment malgré tout de frustration évident. Ce qui est légitime quand on passe si près de l’exploit. Encore aurait-il fallu l’emporter ce dimanche aux tirs au but. Dans la forme qui est la sienne depuis quelque temps, gageons que Kevin Fickentscher, à nouveau éblouissant à Berne, aurait pu en être le héros.

À y regarder toutefois de plus près, l’élimination valaisanne dans les larmes représente peut-être, paradoxalement, un soulagement dans la mesure où cela va faciliter la construction du FC Sion version 2020-2021. Voilà qui devrait en tout cas contribuer à clarifier la situation des six joueurs en fin de contrats. Les Valaisans s’épargneront ainsi les problèmes d’YB, condamné à préparer une nouvelle équipe, en intégrant les inévitables renforts attendus avant son rendez-vous européen du 26 août, mais qui, quatre jours plus tard en finale, devra obligatoirement aligner des éléments éligibles pour l’actuelle saison.

Bastien Toma constitue un «trésor de guerre»

Sion devrait rapidement perdre Pajtim Kasami, dont le contrat à prix d’or ne sera très probablement pas renouvelé. Le joueur lui-même a exprimé des envies d’ailleurs. Bastien Toma ne devrait plus porter le maillot sédunois la saison prochaine. Sous contrat jusqu’en juin 2021, le milieu de terrain constitue un «trésor de guerre» pour le FC Sion sur le marché des transferts. Le site allemand «Transfermarkt» estime sa valeur marchande à environ 2,5 millions de francs.

Bien des inconnues demeurent encore, à commencer par le nombre de spectateurs qui seront autorisés à venir au stade dès la reprise. À cet égard, tout dépendra de la décision du Conseil fédéral et des autorités sanitaires, soumises à un lobby appuyés des fédérations sportives, avant le verdict du 12 août.

Quelle que soit la décision de mercredi, Sion ne devra cependant pas oublier les chemins de traverse qu’il a dû emprunter avant de parvenir à se sauver sur le fil, ainsi que ses trop nombreux égarements, s’il entend grandir et ne pas revivre un exercice aussi éprouvant pour les nerfs. On sait déjà qu’il pourra s’appuyer sur plusieurs hommes clé, pas forcément ceux que l’on attendait voici douze mois.

Si son gardien – encore en concurrence avec Mitryushkin en juillet 2019 – a réellement pris une nouvelle dimension, ce Sion porté par les exploits répétés de Kasami a trouvé en Jan Bamert le nouveau patron de sa défense. L’homme, que l’on sait sensible aux critiques qui ont pu le déstabiliser, a tenu la baraque alors même que son club souhaitait encore s’en séparer à Noël. Autre révélation tardive, Roberts Uldrikis a enfin prouvé qu’il n’était pas qu’un grand escogriffe maladroit. Souffrant d’un manque de vitesse rédhibitoire à ce niveau, le Letton a bien sûr peu marqué mais ses buts ont été décisifs tant à Zurich, contre Servette dernièrement en championnat qu’à Rapperswil ou encore ce dimanche en Coupe.

Tramezzani a pu travailler en paix

Surtout Sion a dégagé un nouvel état d’esprit, un terme trop souvent galvaudé parce que systématiquement mis en avant mais qui, dans le cas présent, définit un véritable changement de mentalité. Cela tient sans doute autant aux départs forcés intervenus au début de pandémie – le groupe est devenu dès cet instant-là plus sain – qu’à la personnalité de Paolo Tramezzani lui-même.

Très décrié lors de sa nomination au tout début juin, le «Mister» a su faire taire les sceptiques en créant un cercle d’initiés autour de lui. Ayant les coudées franches et sans la pression parfois malsaine de son président, il a surtout introduit une nouvelle manière de travailler au quotidien, obtenant davantage en quelques semaines que certains de ses prédécesseurs en plusieurs mois. Avec moins de compromissions, davantage d’intensité aussi et au final bien plus de succès, Sion ressemblent enfin un peu au séduisant FC Lugano de Tramezzani du printemps 2017 qui avait alors précipité le premier passage de celui-ci en Valais.

Voilà qui, à défaut de statue, devrait valoir à l’intéressé un nouveau contrat à Tourbillon. Avec cette question en prime: le FC Sion est-il prêt à disputer une saison «normale», et d’abord le veut-il? Aux yeux de beaucoup, le club valaisan perdrait de sa singularité s’il se mettait à trop ressembler aux autres.

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