Football: Le FC Sion maudit à Berne: et si c'était cette fois la bonne?
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FootballLe FC Sion maudit à Berne: et si c'était cette fois la bonne?

En championnat, le club valaisan n’a pas battu Young Boys chez lui depuis l’été… 1996. Aligné à l'époque dans l'ancien Wankdorf, Yvan Quentin veut pourtant y croire.

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Sport-Center
Champion de Suisse (devant Xamax et Grasshopper) lors de la saison 1996-1997, le FC Sion avait aussi soulevé la Coupe de Suisse. On reconnaît ici Quentin (à g.) et Lonfat.

Champion de Suisse (devant Xamax et Grasshopper) lors de la saison 1996-1997, le FC Sion avait aussi soulevé la Coupe de Suisse. On reconnaît ici Quentin (à g.) et Lonfat.

Quelle que soit la manière avec laquelle le FC Sion empoigne le problème, peu importe le nom de son coach du moment ou celui des acteurs, le résultat demeure désespérément identique: à Berne, lorsqu’il s’agit du championnat, le visiteur valaisan ne gagne jamais, faisant de son déplacement dans la capitale un rendez-vous maudit. Une «tradition» qui dure désormais depuis plus de 23 ans et que des générations de joueurs ont contribué à perpétuer.

Il faut remonter au 17 août 1996 pour trouver trace de la dernière victoire du FC Sion contre YB à Berne en championnat: entraînés alors par Alberto Bigon (ci-dessous), les Valaisans s’étaient imposés 2-1 grâce à des réussites signées Lukic et Vercruysse, dans un match suivi par 4500 spectateurs dans l’ancien Wankdorf. A l’époque, Bill Clinton était au pouvoir à la Maison-Blanche et le championnat s’appelait encore LNA. Une saison faste pour le FC Sion puisque celui-ci allait y fêter le doublé Coupe-championnat au printemps 1997…

Depuis ce fameux 17 août 1996, c’est l’éternelle rengaine, Sion n’y arrive plus, demeurant sur une série négative de 26 défaites (contre seulement 5 nuls). Voici 18 mois, les visiteurs n’avaient pourtant jamais été aussi proches de réussir à y mettre un terme. Grâce à Lenjani (18e, 0-1) et à un autogoal de Camara (28e, 0-2), les joueurs de Murat Yakin ne menaient-ils pas encore 2-1 à 360 secondes du coup de sifflet final? Sion allait toutefois tout perdre lorsqu’Assalé (87e) et Sanogo (90e) permettaient à YB de signer un incroyable renversement de situation.

Le FC Sion de Ricardo Dionisio peut-il enfin réaliser ce qu’aucun de ses devanciers n’a fait? Pour l’ancien coach de Colovray, ce serait là l’occasion de frapper un très grand coup, de mettre un terme à une attente qui n’a que trop duré – 8575 jours, soit 23 ans, 5 mois et 22 jours.

Aligné à l’époque dans l’ancien Wankdorf, Yvan Quentin (49 ans) n’en conserve aucun souvenir particulier. «Mais on avait, reconnaît-il, une jolie équipe.» Qu’en sera-t-il samedi soir, sachant que les visiteurs seront privés de Kevin Fickentscher (victime d’une commotion contre Zurich peu avant l’heure de jeu, le portier vaudois de Tourbillon avait dû quitter la pelouse) et de leur capitaine Xavier Kouassi, suspendu? «Peut-être est-ce lorsque tout paraît le plus difficile à obtenir, compte tenu d'un contexte toujours particulier face à YB, que tout devient paradoxalement possible.»

L’ancien latéral du FC Sion et de l’équipe de Suisse (41 sélections entre 1992 et 2002) a suivi les deux premières matches du FC Sion estampillé Dionisio et il a, dit-il, «plutôt aimé» ce qu’il y a aperçu. «J’ai vu un groupe avec une bonne mentalité, qui en voulait et qui a réalisé de belles choses avec le ballon.»

Au point qu’Yvan Quentin, à l’heure du pronostic, en est presque convaincu: «Allez, je pense que Sion va s’imposer 2-1. Comme nous il y a désormais fort longtemps, ce qui reviendrait aussi à oublier définitivement ce qui, au fil des ans, est devenu un exploit. Sinon, vous serez bon pour me rappeler la saison prochaine!» (Rires)

Et l'on taillerait à nouveau une branche de ce qui fait office de «marronnier»...

Nicolas Jacquier

Cette saison-là, YB avait été... relégué!

Dans un championnat à 12 équipes disputé selon la «formule Rumo», YB allait se retrouver lanterne rouge au terme du tour préliminaire (22 matches), auquel quatre clubs romands avaient pris part. Couronné champion d’automne, NE Xamax avait ensuite calé durant le tour final, à l’inverse du FC Sion, qui pointait au 3e rang avant la division des points.

Alors que le LS avait terminé sa première partie de saison à la 5e place, Servette (9e) n’avait pas réussi à échapper au toujours dangereux tour de promotion/relégation. Un tour qui avait condamné les Bernois, relégués en LNB à l'issue du championnat.

Ce 17 août 1996, cet YB – Sion désormais de légende avait été marqué par deux expulsions, dont celle, intervenue après moins de 10 minutes, de Patrick Sylvestre.

Young Boys – Sion 1-2

Stade du Wankdord. 4500 spectateurs. Arbitre: M. Beck.

Buts 8e Prytz 1-0 (penalty), 59e Lukic 1-1 (penalty), 85e Vercruysse 1-2.

Young Boys: Pulver; Rotzetter (88e Bekir), Lengen, Neqrouz, Kehrli (58e Kobel); Küffer (75e Okolosi), Baumann, Eich, Gerber; Prytz, Streun. Coach: J.-M. Conz.

Sion: Borer ; Quentin, Bühlmann (58e Chassot), Milton, Gaspoz ; Sylvestre, Wicky, Vercruysse, Colombo ; Bonvin (79e Zambaz), Lukic (69e Pancev). Coach: A. Bigon. Expulsions: 8e Sylvestre, 58e Pulver.

Avertissements: Rotzetter et Lengen pour YB, Gaspoz, Bühlmann, Chassot et Vercruysse pour Sion.

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