FOOTBALL - Le FC Sion n’a pas de problème d’entraîneur
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FOOTBALLLe FC Sion n’a pas de problème d’entraîneur

Après le naufrage valaisan à Bâle (6-1), la question de l’avenir de Marco Walker sur le banc se pose plus vite que prévu. Changer de coach ne résoudrait pourtant rien, tant la réponse appartient aux joueurs eux-mêmes.

par
Nicolas Jacquier


Une défaite mortifiante à domicile contre Servette, une débandade honteuse contre Bâle une semaine plus tard et déjà beaucoup de questions sans réponse Après seulement 180 minutes de championnat, le FC Sion se retrouve dans la situation qu’il voulait à tout prix éviter. En lieu et place de la consolidation espérée, voici qu’il n’est pas loin de subir une entreprise de démolition.

Dans ces conditions, que faire? Comment réagir?

Les beaux discours et les promesses d’avant-saison nous reviennent. À la Porte d’Octodure, on y parlait volontiers sérénité, apaisement, certitudes, saison de transition, volonté de faire grandir le club, etc. Une restructuration entamée cet été avec les arrivées de Gelson Fernandes et d’un nouveau directeur général débauché à l’Inter au sein d’une direction considérablement renforcée.

Rocambolesque cafouillage

Résultat? Sion ressemble trop souvent sur la pelouse à une sympathique équipe de branquignols, avec des joueurs incapables de se faire violence et d’honorer le maillot qu’ils portent. Ou alors par à-coups, quand la situation devient vraiment désespérée – à ce rythme, elle le sera bientôt – et que plus rien ne compte. C’est comme cela, et pas autrement, que le club valaisan s’était sauvé ce printemps et c’est ainsi qu’il fonctionne depuis des années.

Pourtant, la situation paraît pire aujourd’hui dans la mesure où la gabegie sportive s’est doublée cette fois-ci d’un rocambolesque cafouillage administratif, celui-là même qui devait empêcher Kevin Bua d’effectuer ses débuts sous son nouveau maillot dimanche après-midi à Bâle. En s’inclinant devant les menaces rhénanes de jouer sous protêt, le visiteur, qui aurait imprudemment oublié d’inscrire l’ex-Bâlois dans la liste exigée par les responsables locaux, a indirectement admis son erreur, peu importe son origine, le flou de la Ligue ne faisant qu’accentuer la confusion.

Pour Sion, qui vient d’encaisser huit buts en deux sorties pour n’en marquer que deux, l’essentiel n’est pas là. Il y a les joueurs, premiers coupables, et il y a aussi le coach Marco Walker, un sauveur dont l’avenir s’est déjà considérablement assombri. Le Soleurois a beau retourner le problème dans tous les sens, multiplier les essais, aligner tartempion à la place de trucmuche, rien ne change.

Une déperdition des couleurs valaisannes

Bien sûr que Sion, qui n’a pas existé, pouvait perdre au Parc Saint-Jacques (il en a d’ailleurs l’habitude depuis 24 ans…) mais pas dans de telles circonstances, en baissant les armes sans esquisser la moindre rébellion. On aime se prévaloir du fameux caractère valaisan, mais où se trouvait-il dimanche? En termes d’identité, ses joueurs savent-ils ce que signifie le club dans l’histoire du canton? Quels efforts sont-ils prêts à consentir sur la longueur d’une saison?

La vérité est que Sion n’a pas un souci d’entraîneur - en changer ne résoudrait rien. Ce dont souffre bien davantage le club de Tourbillon, c’est un manque de rendu, une déperdition des envies, un potentiel jamais exploité, avec des teintes rouges et blanches qui déteignent sur les couleurs de l’habitude et une équipe hétéroclite, avec des éléments trop disparates pour partager durablement quelque chose en commun.

Après cette déroute pas loin d’être historique, on s’était interdit d’évoquer le thème d’un entraîneur se sachant installer sur un banc éjectable depuis sa nomination à la mi-mars. Il se trouve que l’on ne pourra peut-être pas l’éviter dans les prochains jours, voire les prochaines heures.

Une liste de successeurs potentiels déjà établie

Ulcéré, blessé par ce qu’il avait dû endurer, Christian Constantin avait abrégé son supplice en quittant les lieux à la pause. Sans risque de se tromper, on peut imaginer que cela doit bouillonner en lui. Le président du FC Sion aurait déjà établi la liste de potentiels coaches dépanneurs, comprenant quelques noms ronflants. Actionner le couperet, voilà qui doit le démanger aujourd’hui.

Or CC doit s’interdire de céder à l’une de ses activités favorites avant la venue d’YB samedi à Tourbillon. Craquer dès maintenant équivaudrait à un terrible désaveu au moment où le FC Sion aspire à vivre une saison plus normale. Cela reviendrait à discréditer la nouvelle politique qu’il cherche à instaurer autant que les mots utilisés pour en faire la promotion.

Marco Walker mérite de poursuivre l’aventure, même au-delà du prochain week-end. Mais il aura obligatoirement besoin de ses joueurs pour le maintenir sur le banc. À eux de sauver la tête de leur coach. En ont-ils seulement l’envie ou s’en sont-ils déjà lassés?

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