Football: Le FC Sion risque bien d’être «pollué» par l’affaire Balotelli

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FootballLe FC Sion risque bien d’être «pollué» par l’affaire Balotelli

Le doigt d’honneur que l’Italien a adressé aux fans bâlois a éclipsé le match solide des Valaisans à Saint-Jacques (0-0). Reste à bien terminer l’année pour se positionner avant la reprise en 2023…

par
Nicolas Jacquier
(Bâle)
Peut-être victime avant cela d’insultes à caractère raciste, Mario Balotelli, regagnant ici le banc du FC Sion après s’être changé, a eu le tort de répliquer à sa manière.

Peut-être victime avant cela d’insultes à caractère raciste, Mario Balotelli, regagnant ici le banc du FC Sion après s’être changé, a eu le tort de répliquer à sa manière.

Martin Meienberger/freshfocus

Parce que l’on n’est pas dans la tête des joueurs du FC Sion, ni dans aucune autre d’ailleurs, on ignore tout de ce qui peut chaque fois s’y passer au moment d’entamer le toujours délicat (désormais sur le papier…) déplacement de Saint-Jacques. À devoir systématiquement se coltiner des statistiques infernales et une malédiction qui se prolonge depuis plus de 25 ans en championnat au bord du Rhin, comment y faire face?

Baltazar a choisi la méthode musclée, lui qui n’était pas né lorsque le club valaisan s’y était imposé pour la dernière fois (3-1 le 2 août 1997). Sa très stupide expulsion a empêché les visiteurs de peut-être réussir ce dont on les pensait capable. Tant ce Bâle-là semblait bon à prendre. Affichant une très grande solidarité, Sion a néanmoins effacé la pénible impression laissée le week-end précédent contre Zurich.

Le rendez-vous de Saint-Jacques a surtout été «pollué» par ce qui est en passe de devenir l’affaire Balotelli. Coupable d’avoir adressé un doigt d’honneur au public bâlois, un geste interdit qu’il allait répéter en regagnant les vestiaires après sa sortie, le fantasque Italien devrait être rattrapé par la patrouille. Une affaire dont l’une des conséquences pourrait être de refaire de Stojiljkovic le titulaire qu’il était en début de saison. Et au vu de ce que le Monsieur a déjà prouvé…

Les trois enseignements

  • Faire mieux, c’est prouver plus. Pour ce FC Sion à géométrie variable, payant au prix fort un mois d’octobre particulièrement mal négocié, la démonstration de vaincre la malédiction a échoué aussi bien à Berne qu’à Bâle mais elle aurait chaque fois pu réussir. Assez en tout cas pour nourrir une frustration légitime née de circonstances particulières. Quand ils se mesurent aux cadors (ou présumés tels), les gens de Tourbillon n’en sont jamais très loin. Sauf qu’il leur manque chaque fois quelque chose pour franchir un cap qui ne cesse de se dérober sous leurs crampons. Si proche, si loin de vraiment changer de catégorie…

  • Pourquoi Baltazar se trouvait-il encore sur la pelouse au retour des vestiaires? Non seulement le Brésilien avait été transpercé à un poste de latéral qui n’est pas le sien par un Ndoye virevoltant mais il avait déjà récolté une biscotte qui aurait dû inciter son entraîneur à le sortir par prudence au terme de 45 minutes épouvantables. Paolo Tramezzani n’ayant curieusement pas bronché, la sanction allait tomber moins d’un quart d’heure plus tard. Baltazar est certainement un garçon adorable mais le voir compenser ses limites par des fautes à répétition n’en finit pas de pénaliser son équipe. Pour l’incorrigible No 8, il s’agit déjà du cinquième carton rouge depuis son arrivée en Valais en 2018.

  • Ce que l’on savait déjà se confirme toujours davantage après chaque journée. Dans son jardin, Bâle n’a plus rien à voir avec l’équipe qui roulait sur ses adversaires au point de les terroriser. Il est désormais tout à fait envisageable d’entrevoir le voyage à Saint-Jacques sans avoir la frousse, mieux, de prétendre pouvoir y faire bonne façon. Ce à quoi s’est à son tour employé Sion avant ce que l’on sait. Face à un FCB aussi peu inspiré, des sifflets ont même raccompagné les joueurs, signe d’un mécontentement grandissant. «On a essayé mais cela n’a pas suffi. On a chaque fois pris les mauvaises décisions», devait pester Alex Frei. «Je crois en cette équipe, même si beaucoup d’experts en Suisse voient les choses autrement. On verra un autre FC Bâle en 2023», avait estimé la veille son président, s’épanchant dans la Basler Zeitung. David Degen est-il le dernier à continuer d’y croire?

Le meilleur

Difficile d’en trouver vraiment un qui s’impose sur la longueur. S’il fallait néanmoins sortir un nom, celui de Heinz Lindner s’imposerait. Bien que peu sollicité, l’Autrichien a fait l’arrêt qu’il fallait en jouant des claquettes sur une puissante tête de Burger. Avant de craquer, Balotelli, dans un rôle de playmaker, a eu le temps de distiller quelques délicieuses offrandes. Dès lors, pourquoi ne pas envisager une future association Stojilkovic-Balotelli? 

A l’occasion de ses retrouvailles avec Bâle, qu’il avait quitté cet été, Heinz Lindner s’est montré à la hauteur.

A l’occasion de ses retrouvailles avec Bâle, qu’il avait quitté cet été, Heinz Lindner s’est montré à la hauteur.

Martin Meienberger/freshfocus

Le moins bon

On n’est pas là pour enfoncer davantage le malheureux Baltazar. Mais on voit mal comment il aurait pu y échapper.

La curiosité

Futur retraité du sifflet, Alain Bieri en a bientôt fini de hanter les nuits sédunoises.

Futur retraité du sifflet, Alain Bieri en a bientôt fini de hanter les nuits sédunoises.

Martin Meienberger/freshfocus

Dès l’instant où sa tournée d’adieux passait dimanche par Bâle, Alain Bieri, qui rangera son sifflet à la fin de l’année, n’en finit pas de poursuivre le FC Sion. Car Bieri, c’est l’homme qui, alors préposé à la VAR, avait annulé deux buts aux Valaisans une semaine plus tôt contre Zurich. Cette fois, c’est cette même VAR qui lui a soufflé d’expulser Baltazar alors même que l’arbitre aussi bien que l’œil de Volketswil avaient au préalable fermé les yeux sur une évidente faute dont avait été victime Balotelli. Tout cela en devient troublant. Mettons-nous un instant à la place des Valaisans: même si le rouge s’imposait en l’occurrence, oui, cela fait beaucoup pour un seul homme.

La décla’

«Pour nous, ce n’est pas la Coupe de Suisse, c’est notre Champions League.»

Paolo Tramezzani, évoquant le rendez-vous de Wil mercredi soir. L’Italien ne fait pas mystère qu’il entend faire main basse sur le trophée. «Je le répète depuis mon retour, je veux ramener la Coupe en Valais!» La prochaine étape n’est pas la moins dangereuse.

La question

Alors qu’il était parti pour faire sa place parmi le trio de tête, Sion, retombé à la 5e place dans une hiérarchie très serrée, saura-t-il se remobiliser avant ses deux échéances saint-galloises (Wil et Saint-Gall), les dernières de l’année? La qualité de son printemps en dépend.

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