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ReliquesLe fémur de saint Nicolas lance une guerre de religions

Fribourg refuse de donner les ossements à la Turquie.

par
Le Matin Dimanche
Les reliques de Saint-Nicolas à Fribourg, ce sont quelques grammes d'os de fémur protégés par une alarme reliée à la police.

Les reliques de Saint-Nicolas à Fribourg, ce sont quelques grammes d'os de fémur protégés par une alarme reliée à la police.

Laurent Crottet

Pas questions de donner les reliques de saint Nicolas à la Turquie. C'est un «non» ferme qui a été adressé cette semaine à la demande des archéologues turcs qui envisagent d'ouvrir un musée dédié à l'histoire de la région natale de Nicolas de Myre. La position de Claude Ducarroz, prévôt de la cathédrale, partagée par plusieurs politiciens, se base sur des arguments administratifs, cultuels et juridiques. Mais aussi religieux: «Cette demande m'a beaucoup étonné de la part d'un Etat dominé aujourd'hui par les islamistes en qui je n'ai pas confiance», a dit le gardien du trésor.

Des morceaux du fameux fémur de saint Nicolas ont pourtant déjà été donnés, mais jamais aux musulmans. Parmi les bénéficiaires, l'évêque orthodoxe de Minsk, une paroisse gréco-catholique de Roumanie, la paroisse orthodoxe de Fribourg et à l'église d'Ulrichen. «Il y avait à chaque fois un lien affectif fort avec le personnage», dit le prévôt. «Mais maintenant, c'est fini ! ». Pour le professeur Pierre Gisel, spécialiste de l'histoire des religions, cette réaction catégorique illustre «la crispation identitaire européenne actuelle».

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