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CinémaLe FIFF a eu une fréquentation record

Le 28e Festival International de Films de Fribourg (FIFF) s'est clos samedi en battant son record de fréquentation, avec 1000 visisteurs supplémentaires par rapport à l'année d'avant.

Image de l'entrée à la 28e édition du FIFF, cette année 2014.

Image de l'entrée à la 28e édition du FIFF, cette année 2014.

Keystone

«Han Gong-Ju», du Sud-Coréen Lee Sujin, décroche le Regard d'or d'une valeur de 30'000 francs.

Ce long métrage suit une lycéenne délaissée par ses parents et impliquée dans une histoire sordide malgré elle. «Un film dense, une histoire fragmentée recomposée avec brio», «qui relève à la fois de l«étude psychologique et de l«analyse sociale», selon le jury.

Le prix spécial du jury est décerné à «To Kill a Man» du Chilien Alejandro Fernández Almendras, cofinancé par le fonds suisse Visions Sud Est. Le Talent Tape Award revient à «Au revoir l«été», réalisé par le Japonais Koji Fukada.

«La Reina» de l'Argentin Manuel Abramovich reçoit le prix du meilleur court métrage, «un travail remarquable de mise en scène qui plonge totalement le spectateur dans la réalité crue d«une enfant dont on vole la jeunesse». Le prix du public est décerné à «The Square» de la réalisatrice égypto-américaine Jehane Noujaim.

Le fascinant «Fish and Cat» de l'Iranien Shahram Mokri, très attendu, remporte deux prix (critiques de cinéma et jury des jeunes). Il évoque l'oppression politique sans la relater directement, mais en créant la sensation de menace constante d'un groupe sur un autre.

Cette oeuvre inspirée par un fait divers a été filmée en un seul plan de 134 minutes avec des acteurs de théâtre. Elle piège personnages et spectateurs dans une sorte de mythe de Sisyphe, avec des repères spatio-temporels cycliques et troublés. Le réalisateur, dont l'audace formelle n'est pas sans rappeler celle de l'Américain David Lynch, signe là son deuxième long métrage après plusieurs courts.

Nouveaux publics

Le FIFF a attiré 37'000 spectateurs, soit mille de plus que l'an passé. Les longs et courts métrages en compétition internationale ont été plébiscités, mais aussi les sections parallèles, avec des salles pleines notamment pour celle dédiée à Madagascar.

Neuf des films programmés au festival sortiront dans les salles suisses. Sept distributeurs de films ont participé, un record absolu, a souligné samedi lors de la cérémonie de clôture le directeur artistique Thierry Jobin.

«Nous sommes en train d'acquérir de nouveaux publics», a-t-il constaté. Les cinéphiles ne craignent plus d'être confrontés à des films misérabilistes au FIFF, selon lui.

La rencontre avec la population se noue aussi via les programmes jeunesse et seniors. Plus de 10'000 élèves ont afflué dans les salles. Grâce à un partenariat avec des EMS, une cinquantaine de personnes âgées ont assisté à quatre séances - certains venaient au cinéma pour la première fois de leur vie.

Echanges

Thierry Jobin se félicite de proposer un festival où les réalisateurs ne sont pas présentés comme des «demi-dieux». A Fribourg, les spectateurs les approchent spontanément pour les féliciter et partager leurs émotions.

Le FIFF cultive aussi son hospitalité et favorise la rencontre entre les artistes. Des connexions se créent. Les cinéastes belges Jean-Pierre et Luc Dardenne veulent faire profiter de leurs contacts pour compléter la rétrospective iranienne. Le hockeyeur Slava Bykov met la main à la pâte en passant lui-même des coups de téléphone pour obtenir des copies de films qu'il veut faire découvrir.

«Le festival n'est pas tout à fait terminé», note Thierry Jobin. La rétrospective du cinéma iranien voyagera jusqu'à Edimbourg et Toronto, avec un effet boule de neige puisque l'important travail de collecte de films y sera poursuivi. Quant à la 29e édition, elle aura lieu du 21 au 28 mars 2015.

(ats)

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