Festival de Cannes: Le film «Revoir Paris» montre la vie après les attentats
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Festival de CannesLe film «Revoir Paris» montre la vie après les attentats

Le long métrage «Revoir Paris» sera présenté à la Quinzaine des réalisateurs, au Festival de Cannes. Il évoque la souffrance de survivants des attentats de Paris de 2015.

L’actrice Virginie Efira est à l’affiche du film «Revoir Paris».

L’actrice Virginie Efira est à l’affiche du film «Revoir Paris».

AFP

Une femme qui ne se souvient de rien, un homme qui se souvient de tout: Virginie Efira et Benoît Magimel incarnent deux êtres en reconstruction dans l’émouvant «Revoir Paris», film sur l’après des attentats de novembre 2015, présenté au Festival de Cannes. Par la faute d’un bus dérouté par des travaux, Mia, jouée par Virginie Efira, repasse devant la brasserie parisienne où elle a été blessée dans une attaque terroriste quelques mois auparavant.

En y entrant, elle apprend l’existence de visites du lieu avec un groupe de parole pour les survivants. Elle y croise Thomas, incarné par un magnétique Benoît Magimel, autre rescapé de cette nuit de cauchemar. Les voilà embarqués dans le sentier escarpé de l’après. Mia, qui n’a plus d’images en tête dès l’attaque, s’appuie sur Thomas, homme cassé qui, finalement, reconstruit les autres. «J’étais dans l’attentat»: cette formule prononcée dans le film par Mia revient à plusieurs reprises. C’est une ligne de démarcation.

Cette phrase symbolise la souffrance de ceux qui ont survécu aux attaques, les séquelles à surmonter, physiques ou psychologiques, et l’incapacité à replonger dans la vie d’avant. Le long métrage de la réalisatrice française Alice Winocour, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, montre aussi la difficulté des proches des survivants, ceux qui n’y étaient pas, à rétablir les liens d’avant.

«Mon frère était au Bataclan, il a survécu»

«J’aurais préféré être dans l’attentat», dira, désabusé, le compagnon de Mia joué par Grégoire Colin. «Mon frère était au Bataclan, il a survécu, j’étais en lien par SMS une partie de la nuit (de l’attaque)», a raconté Alice Winocour dans un bref échange devant le public après la projection de son film longuement applaudi samedi matin. «Par le biais de mon frère, j’ai eu accès au monde des survivants, je me suis inspirée de tous ces témoignages en essayant de leur être fidèle», poursuit-elle.

«Après, j’ai commencé à aller sur les forums de rencontre de victimes et ce qui m’a fascinée c’est que tout le monde se cherchait, des personnes qui s’étaient juste croisées ce soir-là ou juste tenu la main un instant, formant une communauté extrêmement soudée». «L’enjeu est de se reconstruire mais on ne peut pas se reconstruire tout seul», souligne encore la cinéaste.

Les attaques jihadistes, dans la soirée du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, en banlieue, ont fait 130 morts, dont 90 dans la salle de spectacle du Bataclan où les assaillants ont fait irruption en plein concert. «Novembre» de Cédric Jimenez (réalisateur de «Bac Nord»), présenté dimanche soir, est l’autre film qui aborde les attentats à Paris au Festival de Cannes, hors compétition. C’est une plongée au cœur de l’antiterrorisme les jours suivant les attaques, avec Jean Dujardin.

(AFP)

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