Aquatique: Le fond du lac Léman n'arrive plus à respirer

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AquatiqueLe fond du lac Léman n'arrive plus à respirer

Le brassage des eaux, qui a lieu chaque hiver, n'a pas atteint les profondeurs du lac cette année. Le dernier apport en oxygène au fond du Léman a eu lieu en 2012.

par
Yannick Weber
Le lac Léman n'est pas en forme.

Le lac Léman n'est pas en forme.

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Chaque hiver, les conditions météorologiques créent un brassage des eaux du lac Léman. Le refroidissement de la couche en surface, accompagné du vent, fait plonger les eaux vers les fonds, leur apportant l'oxygène nécessaire à la vie aquatique. Or, cette année, les mesures de la CIPEL (Commission internationale pour la protection des eaux du Léman) ont montré que les eaux du Léman ne se sont mélangées que jusqu'à une profondeur de 200 mètres, sans parvenir au fond du lac, à plus de 300 mètres.

«Il faut un froid très intense et long pour que la surface se refroidisse suffisamment afin que, accompagné de vents, le brassage complet soit réalisé», explique Audrey Klein, secrétaire générale de la CIPEL. Le dernier brassage total remonte à 2012.

Rien de dramatique, même si loin d'être idéal. «Le taux d'oxygène au fond du Léman est inférieur aux exigences fixées par l'Ordonnance suisse sur la protection des eaux», indique la CIPEL dans son communiqué. Un faible taux qui peut engendrer des problèmes pour la faune. Et qui favorise également la libération du phosphore piégé dans les sédiments, ce qui a pour effet de faire proliférer les algues. Celles-ci, en fin de vie, se décomposent sur les fonds du lac, consommant de l'oxygène et participant à son déficit.

Faible marge de manœuvre

Si l'humain n'a aucune prise sur les phénomènes météorologiques et physiques qui entraînent le brassage, il est en revanche partiellement responsable de la concentration en phosphore dans les eaux. «Il faut maintenir les efforts sur l'assainissement et l'épuration des eaux usées», estime Audrey Klein.

Les citoyens peuvent aussi y mettre du leur. Du phosphore existe encore dans certains produits vaisselle et détergents. Avant l'interdiction annoncée de ce composé, le consommateur peut déjà acheter des produits qui en sont exempts.

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