Composants électroniques: Le franc fort plombe le bénéfice de LEM

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Composants électroniquesLe franc fort plombe le bénéfice de LEM

Le fabriquant LEM, d'origine genevoise mais basé à Fribourg, a vu son bénéfice net reculer de 5,5% lors de son exercice 2014/2015.

LEM est spécialisé dans la fabrication de capteurs électroniques.

LEM est spécialisé dans la fabrication de capteurs électroniques.

PASCAL FRAUTSCHI-archives

Le fabricant de capteurs électroniques LEM a souffert de la fin du taux plancher et a enregistré un bénéfice en baisse de plus de 5% à 43,1 millions de francs. Le chiffre d'affaires a lui progressé de 4,9% à 257,8 millions.Le fabricant de composants pour la mesure de paramètres électriques réfléchit néanmoins à de nouvelles restructurations en Suisse.

La soudaine appréciation de la devise helvétique vis-à-vis de l'euro depuis la mi-janvier a pesé sur le quatrième trimestre, a souligné ce jeudi 4 juin à Zurich devant la presse le patron de LEM, François Gabella. Sur la période, l'impact monétaire négatif sur la rentabilité se chiffre à 2 millions de francs, soit moins qu'anticipé.

Les ventes se sont étoffées de 4,9% à 257,8 millions de francs, en dépit d'un effet de change négatif de 2%. D'un exercice à l'autre, les nouveaux ordres ont crû de 1,9% à 251 millions. Le résultat opérationnel avant intérêts et impôts (EBIT) a lui régressé de 2,7% à 54,2 millions. La marge correspondante a reflué à 21%, mais reste supérieure aux objectifs.

Délocalisations en vue

La diversification de la production a certes permis de réduire l'exposition au franc, limitant les conséquences financières de l'abandon du taux plancher. Le groupe d'origine genevoise, dont le siège est à Fribourg, réalise environ 65% de sa production sur ses sites à bas coûts de Chine et de Bulgarie, selon son rapport annuel.

Ventes et marges ont toutefois pâti du renchérissement de la base des coûts en Suisse. Au dernier trimestre, les entrées de commandes se sont tassées d'environ 5% par rapport au précédent, et le chiffre d'affaires d'autant. L'EBIT trimestriel a lui chuté de 28% à 10,3 millions de francs.

Après la Chine et la Bulgarie, la direction réfléchit à délocaliser des activités vers d'autres pays, a fait savoir François Gabella. Avec les incertitudes que cela engendre pour le site genevois, et aussi japonais. Pour l'heure, la direction ne chiffre pas les réductions d'emplois à venir en Suisse. A fin mars, LEM employait 1274 collaborateurs dans le monde, contre 1241 un an plus tôt.

Moteur chinois

Sur l'exercice écoulé, le segment Industrie a amélioré son chiffre d'affaires de 4,7% à 221 millions de francs, avec un bond de 18% en Chine, premier débouché. Le reste de l'Asie affiche une hausse de 8%. Les ventes ont stagné en Europe et reculé en Amérique du Nord.

L'activité de moteurs et de soudage est plutôt stable, tout comme celle des énergies renouvelables et de l«alimentation électrique. La reprise des investissements dans les infrastructures a dopé l«activité de la traction ( 26%). Par contre, les affaires dans la haute précision ont plié de 13%.

Le segment Automobile a amélioré ses revenus annuels de 6,2% à 36,7 millions de francs, portés par la gestion des batteries et la reprise de l«activité voitures vertes. Cette dernière a connu une poussée ( 15%), en particulier en Chine, profitant de la relance des véhicules électriques hybrides. Dans l'ensemble, le segment a piétiné en Amérique du Nord (-1%) et en Europe (-3%).

Nouveau chef des finances

Pour l'exercice en cours, la direction table sur une croissance des volumes dans les deux segments. François Gabella voit toujours un gros potentiel dans l'Empire du Milieu, avec la globalisation de groupes chinois tels que l'équipementier Huawei. Pour l'heure, il ne croit pas à la «normalisation» prédite par les observateurs.

Mais la pression actuelle sur les prix ainsi que les effets de change vont eux perdurer, et grever le chiffre d'affaires. Dans ce contexte, la direction réitère son objectif de marge opérationnelle dans la fourchette entre 15% et 20%.

Le groupe a trouvé un successeur au responsable des finances Julius Renk, qui quittera la société à fin août. Andrea Borla, qui occupe actuellement cette fonction chez Schindler France, rejoindra LEM le 1er décembre. Le Suisse de 48 ans, diplômé de l'Université de Saint-Gall, a aussi officié auprès de Schindler Chine et SAirGroup.

(ats)

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