Balkans: Le froid menace les migrants
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BalkansLe froid menace les migrants

Une période de grand froid s'annonce en Europe de l'Est et au Proche-Orient, faisant craindre pour les réfugiés qui traversent la région.

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Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Marina Militare, Reuters
Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Keystone
Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Keystone

Les températures des deux prochaines semaines vont être particulièrement froides dans les Balkans, en Turquie et au Proche-Orient, zones de départ ou de transit des migrants. Alors que les arrivées par la mer en Grèce sont déjà 20 fois plus élevées qu'en janvier 2015.

La période de grand froid a débuté lundi et doit se terminer fin janvier, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM) qui se base sur des prévisions des services météorologiques allemands. Mais elle pourrait se prolonger jusqu'à mi-février, notamment en Turquie.

Enfants de plus en plus nombreux

La probabilité de ces températures inférieures d'un à plusieurs degrés aux normales de janvier est de 90% pour cette semaine et 60% pour la semaine prochaine. Face à ces conditions difficiles, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) s'est dit mardi préoccupé par la santé des enfants, de plus en plus nombreux parmi les migrants.

Leur part est passée d'un quart en septembre à plus d'un tiers en décembre, aussi bien en Macédoine qu'en Serbie. L'UNICEF n'a toutefois pas d'indication d'enfants décédés en raison du froid dans ces régions, selon son porte-parole, Christophe Boulierac.

Plus de 80'000 enfants évoqués

Le Fonds a pu assister plus de 80'000 enfants lors des trois derniers mois dans ces pays et en Croatie. Le mois dernier, quelque 13'500 articles pour l'hiver, couvertures ou matériel pour transporter des bébés ont été distribués. Une assistance sanitaire et alimentaire a également été donnée aux femmes, notamment aux mères de nombreux enfants.

«La situation est absolument désespérée», a déclaré à l'AFP Valentina Bollenback, porte-parole de l'organisation Save the children, jointe par téléphone à la frontière entre la Serbie et la Macédoine, région actuellement couverte de neige. «Il existe un risque accru d'hypothermie, de pneumonie et d'autres maladies», a-t-elle averti, racontant avoir vu des enfants tremblants, aux lèvres bleuies.

Parvenus à la frontière avec la Serbie après avoir traversé la Macédoine, les réfugiés sont obligés de franchir à pied, à travers une neige profonde ces derniers jours, les quelque deux km jusqu'au premier point d'accueil serbe à Miratovac.

80 décès

Depuis début janvier, plus de 31'200 migrants sont arrivés en Grèce par la mer. Ce chiffre est 21 fois plus important que celui de tout le mois de janvier 2015, a souligné l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Et 48% de ces personnes sont syriennes, 29% afghanes et 12% irakiennes. Ces trois nationalités sont autorisées à franchir la frontière avec la Macédoine. Environ 31'100 l'ont déjà fait, dit la police grecque.

Près de 80 décès ont été enregistrés sur cette période. L'Italie est moins touchée, avec plus de 600 migrants arrivés et 18 décès.

Dans un rapport, Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce l'échec européen en 2015 à gérer la situation de plus d'un million de migrants arrivés sur son territoire. Les gouvernements «ont grandement aggravé la soi-disant 'crise des réfugiés'» et les conditions de vie, notamment la santé, des migrants, estime l'ONG.

(ats)

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