Maroc: Le Front Polisario respecte l'Appel de Genève
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MarocLe Front Polisario respecte l'Appel de Genève

Le groupe armé favorable à l'autodétermination du Sahara occidental a honoré sa résolution auprès de l'Appel de Genève en détruisant ses mines antipersonnel.

Le leader de la délégation sahraouie et du Front Polisario Khatri Addouh le 6 décembre 2018 à Genève.

Le leader de la délégation sahraouie et du Front Polisario Khatri Addouh le 6 décembre 2018 à Genève.

AFP

«Le Front Polisario a désormais rempli ses engagements» liés à l'Acte qu'il a signé sur ces engins, s'est réjoui mercredi soir sur les réseaux sociaux le directeur exécutif de l'organisation internationale Alain Délétroz. Depuis près de 15 ans, le groupe armé favorable à l'autodétermination de ce territoire a éliminé près de 20'500 mines.

Dans une vidéo il y a quelques années, l'Appel de Genève relevait qu'il a été difficile de le convaincre dans un premier temps de s'associer à cet Acte d'engagement. Mais l'ex-ministre de la défense du groupe Mohamed Lamine Bouhali avait fini par admettre que «les mines ont affecté davantage d'innocents que de militaires», y compris auprès des Sahraouis eux-mêmes.

Des partenaires de l'organisation établie à Genève ont également encadré des dizaines de milliers de personnes face aux menaces liées aux restes explosifs de guerre. L'Acte d'engagement de l'Appel de Genève est l'un des quatre accords que celui-ci propose aux groupes armés non étatiques.

Autre réunion attendue à Genève

Il accompagne ceux contre le recours aux enfants dans les conflits, contre les violences sexuelles et, depuis cette année, pour la protection des missions médicales. Ces plaidoyers ont été signés par des dizaines de groupes armés.

L'élimination du stock des mines antipersonnel du Front Polisario a été annoncée moins de deux mois après la participation de cette entité à une première réunion sur le Sahara occidental avec le Maroc et d'autres Etats depuis 2012. Les parties avaient campé sur leurs positions mais elles doivent se retrouver à nouveau à Genève dans les prochains mois pour tenter de relancer un processus politique.

Les dernières négociations directes s'étaient achevées sur des divisions liées au statut du territoire et au corps électoral pour un référendum. Un scrutin qui n'est plus sur la table, avait dit le chef de la diplomatie marocaine.

Rabat avait pris dès 1975 le contrôle de la majeure partie du Sahara occidental au départ de la puissance coloniale espagnole. Le Polisario, qui luttait contre la domination espagnole, y a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique et combattu les troupes marocaines, jusqu'à un cessez-le-feu conclu en 1991 sous l'égide de l'ONU. Alors émissaire de l'ONU, le Suisse Johannes Manz avait ensuite démissionné pour protester contre les nouveaux critères pour le corps électoral.

(ats)

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