Actualisé 09.07.2018 à 07:17

TraqueLe fugitif Faïd va-t-il se planquer en Suisse?

En cavale depuis une semaine, le braqueur multirécidiviste français Redoine Faïd connaît bien la Suisse, Genève en tête. Il pourrait être tenté de s’y planquer.

par
Renaud Michiels
Redoine Faïd aurait organisé son évasion depuis la fenêtre de sa cellule No 207. Il est introuvable depuis le 1er juillet.

Redoine Faïd aurait organisé son évasion depuis la fenêtre de sa cellule No 207. Il est introuvable depuis le 1er juillet.

BFMTV/capture YouTube

Le braqueur multirécidiviste Redoine Faïd est de nouveau l’homme le plus recherché de France. Mais les 3000 policiers lâchés à ses trousses sont pour l’instant bredouilles. Rien à signaler depuis que le Franco-Algérien de 46 ans s’est envolé par hélicoptère de la prison de Réau, en Seine-et-Marne, il y a une semaine. Et s’il venait en Suisse?

L’hypothèse n’a rien de saugrenu: l’homme connaît bien notre pays. Traqué une première fois par la police entre 1995 et 1998, il avait passé le plus clair de son temps en Israël mais aussi en Suisse. Redoine Faïd pourrait tout à fait songer à quitter la France pour gagner un territoire connu. Lors de sa précédente cavale – 46 jours en 2013 – il avait d’ailleurs voulu filer en Israël. Mais il était tombé en achetant de faux papiers à un indicateur de la police.

Jeune policière morte

En 2010, après dix ans derrière les barreaux, le malfrat avait bénéficié d’une liberté conditionnelle et publié ses Mémoires. Charismatique, plein de bagout, Redoine Faïd courait alors les plateaux de télévision et multipliait les interviews, jurant partout qu’il était «rangé» ou se vantant de ne jamais avoir fait couler le sang. Son étoile a depuis beaucoup pali.

La justice française l’a condamné à 16 ans de réclusion, estimant qu’il avait été le cerveau d’un braquage de 2010 dans le Val-de-Marne ayant tourné à la tragédie, avec la mort de la jeune policière municipale Aurélie Fouquet, 26 ans. Quoi qu’il en soit, en 2010, il disait au «Matin Dimanche» bien connaître la Suisse. «La ville de Genève en particulier. Le lac Léman, le Jardin anglais, plusieurs de ses hôtels», détaillait-il. Il a passé des vacances au bout du lac.

Surveillance aux frontières

Il a aussi profité de l’aéroport. «Votre pays est une excellente couverture pour aller à l’étranger. Les douaniers ne se méfient pas trop de quelqu’un qui vient de Suisse.» Dans cette interview, le braqueur racontait même avoir été brièvement interpellé en Suisse alémanique, en 1998, avec de faux papiers.

«Une fois arrêté, ma vraie identité allait être découverte tôt ou tard, expliquait-il. Lors d’un déplacement, j’ai subtilisé l’arme d’un policier qui m’escortait. J’ai ensuite balancé un coup de coude à l’autre flic et je l’ai désarmé.» Avant de filer, via Genève. Des éléments suffisants pour imaginer qu’il puisse venir en Suisse? On ne peut en tout cas pas l’exclure. Une fiche Interpol sur l’ennemi public No 1 a été diffusée dans les 190 pays membres, dont la Suisse. La semaine dernière, «L’Est républicain» soulignait aussi que les douanes françaises ont renforcé leur surveillance à la frontière suisse, par exemple dans le Haut-Doubs.

Dans la Cité de Calvin, on ne va évidemment pas s’agiter pour des spéculations. «Mais, comme tout le monde, nous lisons la presse», note Silvain Guillaume-Gentil, porte-parole de la police genevoise. «Et nos enquêteurs, qui connaissent son dossier et son passé, prêteront une attention particulière à ce cas.» Mais, pour l’instant, pas de trace ni ici ni ailleurs du spécialiste des braquages de bijouteries ou de fourgons blindés. Il semble s’être évaporé.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!