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Irlande du NordLe G8 veut lutter contre les paradis fiscaux

Les dirigeants des pays les plus puissants économiquement du monde vont tenter de s'attaquer ce mardi au problème de l'évasion fiscale. Ils doivent également discuter de la lutte contre le terrorisme dans la journée.

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Barack Obama porte un toast lors d'un dîner avec la chancelière allemande Angela Merkel (19 juin 2013).

Barack Obama porte un toast lors d'un dîner avec la chancelière allemande Angela Merkel (19 juin 2013).

AFP
Après deux jours de dures tractations, le sommet du G8 a accouché mardi d'un accord a minima sur la Syrie, qui appelle à l'organisation «dès que possible» d'une conférence de paix. (18 juin 2013)

Après deux jours de dures tractations, le sommet du G8 a accouché mardi d'un accord a minima sur la Syrie, qui appelle à l'organisation «dès que possible» d'une conférence de paix. (18 juin 2013)

Keystone
De gauche à droite:  Vladimir Poutine, David Cameron Barack Obama. (18 juin 2013)

De gauche à droite: Vladimir Poutine, David Cameron Barack Obama. (18 juin 2013)

Reuters

Les dirigeants des grandes puissances du G8 réunis en Irlande du Nord vont tenter mardi de porter un nouveau coup aux paradis fiscaux.

Priorité du Premier ministre britannique David Cameron, la lutte contre l'évasion fiscale est le point fort de la seconde journée de ce sommet.

Le G8 veut donner «une impulsion» et maintenir «la pression politique» après les avancées spectaculaires des derniers mois, explique un diplomate britannique.

Mettre de l'ordre

David Cameron n'accueille pas ses hôtes les mains vides. Il peut se targuer d'avoir obtenu samedi des dix territoires d'outre-mer britanniques et dépendances de la Couronne, souvent des paradis fiscaux notoires comme les Bermudes ou les îles Caïmans, qu'ils rejoignent la convention multilatérale sur l'échange d'informations fiscales.

«C'est un pas important, maintenant il faut que les autres pays du G8 mettent aussi de l'ordre chez eux», estime Elisa Bacciotti, de l'organisation non gouvernementale Oxfam.

Venue suivre le sommet, elle souligne que le G8, «ce sont plus de quinze paradis fiscaux autour de la table», avec les territoires britanniques, mais aussi Monaco et Andorre pour la France ou l'Etat américain du Delaware.

Norme mondiale

La convention multilatérale, sous la houlette de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), semble ainsi fédérer un nombre croissant de pays.

Des bastions du secret bancaire, comme l'Autriche, le Luxembourg et Singapour, se sont engagés en mai à signer le texte. La Chine s'apprête à le faire.

Autre pays mis en cause, la Suisse a apporté lundi son soutien à l'OCDE pour définir une «norme mondiale» en matière d'échange automatique d'informations bancaires et fiscales.

Feuille de route

En Ulster, l'OCDE présente au G8 une feuille de route en quatre étapes vers «un système vraiment multilatéral» d'échange automatique de renseignements fiscaux, clé de voûte de la lutte contre la fraude. Des avancées décisives sont à ses yeux possibles d'ici mi-2014.

Reste, comme le note une source européenne proche des négociations, «que cela ne sert à rien d'avoir l'échange automatique si on se heurte à des structures opaques».

L'agenda du G8 prévoit donc d'avancer sur la transparence concernant les propriétaires et bénéficiaires réels des sociétés.

Registres publics

Les ONG réclament des registres publics, mais la question fait débat parmi les grandes puissances. Le président américain Barack Obama «n'acceptera pas, pour protéger le Delaware», déplore un négociateur international.

In fine, certains dirigeants du G8 pourraient annoncer la mise en place d'un registre national, réservé toutefois à leur administration fiscale et pas accessible à l'opinion publique.

Trusts exclus

Surtout, selon des sources proches des négociations, les «trusts», ces entités juridiques anglo-saxonnes devenues le symbole des trous noirs de la finance mondiale, devraient être pour l'instant exclus de ces efforts de transparence, malgré les déclarations de bonnes intentions.

Les bénéficiaires de certains placements offshore pourront donc continuer à s'abriter derrière ces paravents.

Le G8 doit enfin apporter son soutien aux travaux de l'OCDE pour éviter, à l'avenir, que les multinationales aux activités florissantes échappent à l'impôt grâce à des stratégies d'optimisation fiscale particulièrement complexes.

Lutte contre le terrorisme

Les grandes puissances (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Canada, Royaume-Uni, France, Italie et Russie) doivent aussi discuter mardi de la lutte contre le terrorisme.

David Cameron souhaite que le G8 s'accorde sur le principe de refuser le paiement de toute rançon pour libérer les victimes d'enlèvements.

«Cela étoufferait l'une des principales sources de financement des organisations terroristes, et réduirait bien sûr la motivation d'enlever nos citoyens», a-t-il expliqué.

Cette question est sensible, notamment en France, qui compte plusieurs otages au Sahel. Paris, qui était réputé pour avoir versé des rançons, est décidé à ne plus le faire, a affirmé à plusieurs reprises M. Hollande.

(ats)

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