07.10.2020 à 17:21

SuisseLes émissions de gaz hilarant dues à l’agriculture en hausse

Le secteur agricole est responsable des deux tiers des émissions de protoxyde d’azote dans le pays, mettent en lumière des chercheurs. Ce gaz à effet de serre est près de 300 fois plus puissant que le CO2.


La demande croissante en nourriture et fourrage pour les animaux devrait continuer à pousser à la hausse les émissions globales de gaz hilarant.


La demande croissante en nourriture et fourrage pour les animaux devrait continuer à pousser à la hausse les émissions globales de gaz hilarant.

KEYSTONE

Les émissions croissantes de gaz hilarant d’origine agricole mettent en péril l’accord de Paris sur le climat, selon une étude internationale avec participation bernoise publiée dans la revue Nature. Les scientifiques ont évalué systématiquement les sources naturelles et humaines de ce puissant gaz à effet de serre.

Concentration inquiétante

De tous les gaz à effet de serre émis par les activités humaines, le protoxyde d’azote (N2O), ou gaz hilarant, est le troisième en importance, a indiqué mercredi l’Université de Berne dans un communiqué. Il est 300 fois plus puissant que le CO2 et perdure 120 ans dans l’atmosphère.

Les scientifiques – 57 chercheurs de 14 pays – ont calculé qu’il contribue à hauteur de 7% au réchauffement global. Sa concentration dans l’atmosphère a augmenté de 20% depuis l’ère préindustrielle, soit entre 1750 et 2018.

Selon Fortunat Joos, professeur de physique climatique à l’Université de Berne et co-auteur de cette recherche, c’est d’autant plus inquiétant qu’il est difficile de réduire les émissions. Elles proviennent principalement des engrais artificiels ou naturels utilisés dans l’agriculture.

«Un conflit objectif»

En Suisse par exemple, le secteur agricole est responsable des deux tiers des émissions de N2O, qui ont pu être réduites de 10% entre 1990 et 2010. Depuis, elles sont restées stables. En Europe également, elles sont en recul depuis vingt ans.

Ce n’est pas le cas en revanche dans d’autres régions comme l’Asie du Sud-Est, l’Afrique ou l’Amérique du Sud, principales responsables de ces émissions, selon cette étude.

Et la demande croissante en nourriture et fourrage pour les animaux devrait continuer à pousser à la hausse les émissions globales de gaz hilarant, conclut Hanqin Tian, de l’Université d’Auburn (USA), premier auteur de ces travaux. «Il y a un conflit entre les objectifs climatiques et notre manière de nourrir l’humanité», dit-il, cité dans le communiqué.

(ATS/NXP)

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