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VaudLe gendarme accusé d'avoir fauché un motard nie en bloc

La confusion règne au terme du premier jour du procès des deux policiers vaudois accusés d'avoir percuté un motard devant un bar d'Yverdon.

par
Benjamin Pillard
Les faits ont eu lieu devant ce bar "country rock'n'roll" d'Yverdon

Les faits ont eu lieu devant ce bar "country rock'n'roll" d'Yverdon

VALDEMAR VERISSIMO

Les choses étaient peu simples avant d'entrer dans cette salle, elles le sont encore moins en sortant.» Ces mots du président du tribunal d'accusation témoignent de la confusion qui régnait mardi après plus de dix heures de débats. A la barre, deux gendarmes de la police cantonale vaudoise, face à deux motards. Les faits remontent à la nuit du 12 au 13 septembre 2009, à la sortie du Coyote Café, situé dans la zone industrielle d'Yverdon-les-Bains (VD).

Version A contre version B. Celle des passionnés de deux-roues, d'abord, Christophe et Jean-Raoul. Il est passé minuit lorsque Christophe sort sur la terrasse du Coyote, un bar à la clientèle «country rock'n'roll assez sympathique», à en croire un témoin. «Il y avait du bruit dehors, on m'a dit qu'on s'était fait insulter», se souvient ce costaud aux cheveux noirs coiffés en arrière. Il discerne une Fiat Punto noire qui déambule dans l'allée. Au volant, Stéphane, 38?ans, l'un des deux gendarmes en civil. «Je me suis précipité vers ma moto, j'avais peur qu'on la tape.» Christophe fait signe à l'automobiliste de ralentir, d'un signe de la main. Mais le policier n'en tient pas compte, et continue sur sa lancée, heurtant la main du motard. «J'ai ensuite frappé le haut d'une portière, c'était un réflexe.»

«La voiture me fonçait dessus»

Avec son compagnon de deux-roues Jean-Raoul, il remonte l'allée jusqu'à la hauteur de la Fiat, arrêtée au cédez-le-passage. Mais l'homme «redémarre de plus belle» en direction du centre-ville, avant de faire demi-tour en faisant crisser ses pneus, pour mieux revenir dans leur direction. «Attention, Chris!» crie Jean-Raoul. «La voiture me fonçait dessus, jure Christophe. J'ai bondi pour l'éviter, mais elle m'a quand même heurté.» L'homme est à terre.

Les gendarmes contestent être à l'origine des insultes qui auraient mis le feu aux poudres. «T'as vu ces motards», aurait simplement dit Bertrand, 25?ans, à son confrère Stéphane. En traversant l'allée au volant de sa Punto, ce dernier s'étonne de voir un groupe de motards «faire des gestes avec les bras». «J'ai repensé à ces signes. Comme je voulais chercher à comprendre leur signification, j'ai fait demi-tour et suis retourné sur l'allée.» Stéphane entend des coups contre la carrosserie de son véhicule. Son pare-brise «s'étoile». Il met les voiles. «Je n'ai jamais shooté personne, j'en suis certain.» Son collègue en fera de même cinq minutes plus tard au volant de sa Ford Mustang rouge.

1,44‰ d'alcool

A ce stade du procès, une seule certitude, les gendarmes ont conduit en état d'ébriété: 1,44‰ pour l'un, 0,7‰ pour l'autre

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