Musique - Le Genevois Di-Meh, surdoué du rap, sort son premier album
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MusiqueLe Genevois Di-Meh, surdoué du rap, sort son premier album

Avec «Mektoub», qui évoque ses racines algéro-marocaines, l’artiste de 25 ans veut passer un nouveau palier, en France en particulier.

par
Laurent Flückiger
Interview: Laurent Flückiger Images et Montage: Nicolas Comte

«Fusée du rap romand», «héros de la Genève qui bouge», «colosse scénique»… Dans la presse, les qualificatifs flatteurs ne manquent pas pour décrire Di-Meh, dont le XTrm tour avec ses compères Slimka et Makala a mis en ébullition les scènes romandes durant deux ans. Sa cote a encore grimpé quand «Les inrocks» ont placé en lui ses espoirs pour 2019 et l’ont mis en couverture.

Mehdi Belkaïd, de son vrai nom, est né et a grandi à Genève. Il a 25 ans mais rappe depuis l’adolescence, s’est fait les dents dans les soirées open mic et les chevilles à Plainpalais sur une planche. «C’est une communauté qui se soutient et où tu rencontres des gens de partout et de tous les styles. Pour faire du skate, tu peux porter un baggy ou un slim, tu fais ce que tu veux. C’est un état d’esprit», nous dit-il. En promo, pourtant, c’est moins détendu. Di-Meh se cache sous sa capuche et derrière ses lunettes à verre jaune pour la vidéo et la séance photos. Un problème de coiffeur, dit-il. Le management veut, lui, valider toutes les images. Un seul cliché lui conviendra. Pas d’explication non plus sur l’absence de ses deux potes de tournée sur son premier album.

«Un album en hommage à mes parents»

Il est vrai que Di-Meh comme son entourage placent beaucoup d’espoir sur le marché français. Le faux pas est craint. À l’extrême, peut-être. Un péché de jeunesse, dirons-nous. Sur «Mektoub», sorti le 14 mai et qui signifie «destin» en arabe, après plusieurs EPs et mixtapes, le rappeur enchaîne 16 titres énergiques et parle de ses racines algéro-marocaines, du restaurant tenu par son père et son oncle à Genève. «J’ai plein de souvenirs qui remontent, la musique que j’y écoutais, tout. C’est un album en hommage à mes parents», confie-t-il. On aime son flow saccadé sur «Bleu pâle», ses rimes dans «Follow», le reggaeton arabisant de «Full Drip» et l’usage modéré de l’autotune qu’il utilise comme un instrument, en référence au raï, et non pour améliorer sa voix.

Pour la photo de la pochette de son disque, Di-Meh s’est teint les cheveux en vert et bleu, transformant sa tête en mappemonde. «Le rap est la musique la plus populaire. Tu peux aller n’importe où, tu ne croiseras que des gens qui connaissent ça, comme c’est le cas avec Michael Jackson ou Bob Marley», avance Di-Meh. Ne reste plus qu’à se glisser dans toutes ces oreilles.

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