Voile: Le génie de Peter Burling consacré
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VoileLe génie de Peter Burling consacré

Le barreur de Team New Zealand a remporté sa 2e Coupe de l’America après 2017. Son talent semble infini.

par
Grégoire Surdez
Peter Burling a une soif intarissable de victoires

Peter Burling a une soif intarissable de victoires

AFP

Il s’est fait connaître dans l’ombre des classes olympiques. Sur son 49er (un dériveur très toilé spectaculaire), associé à son fidèle équipier Blair Tuke, Peter Burling est un extraterrestre. Multiple champion du monde (entre 2013 et 2020, il gagne six fois l’or en autant de participations), Burling a aussi décroché l’or olympique en 2016 à Rio avant d’enchaîner avec deux campagnes victorieuses en Coupe de l’America.

Il goûte au large

Sa première heure sonne en 2017, aux Bermudes. À 26 ans, il devient le plus jeune barreur de l’histoire de la plus vieille compétition sportive du monde. Ce mercredi, à Auckland, le meilleur régatier de la planète voile a ajouté une ligne de plus à son incroyable palmarès. Car Burling ne se contente pas de faire des ronds dans l’eau. En 2018, ce marin génial a aussi goûté au parfum très salé de la course au large en participant à la Volvo Ocean Race, le tour du monde en équipage qu’il a bouclé en deuxième position avec le Team Brunel derrière Dongfeng.

Né en 1991 à Tauranga, Peter Burling a toujours été précoce. Il pourrait reprendre à son compte une phrase de Booba, (le rappeur, pas l’ourson), qui disait avec sa modestie habituelle: «Je suis tellement en avance que le futur est derrière moi.» En Optimist, en 420, en 470 en 49er, chaque barre de bois ou de carbone s’est transformée en or lorsque la main de Burling s’en est saisie.

Celui qui semble imperturbable lorsqu’il se réfugie derrière ses inamovibles lunettes de soleil a été emporté par tout un peuple. Pendant toute la Coupe, il a senti la ferveur de ces milliers de spectateurs qui soufflaient dans les voiles de son monocoque volant. «Gagner aux Bermudes avait été certainement un grand moment. Mais là, je ne pense pas que l’on puisse imaginer ce que l’on peut ressentir dans cet environnement tellement spécial. Avec ces milliers de bateaux chaque jour. Et ce village, absolument bondé avec des gens partout.»

Gommer le cauchemar de 2003

En 2003, Alinghi avait plongé la baie d’Hauraki dans la consternation en venant chiper la Coupe aux Kiwis. Dix-huit ans plus tard, c’est donc Peter Burling, 30 ans, qui gomme définitivement ce cauchemar de la mémoire collective. De quoi bomber le torse. «Réussir quelque chose comme ça sur nos eaux domestiques est quelque chose dont nous sommes extrêmement fiers», dit-il.

Tout juste de retour à terre, et avant de soulever l’aiguière d’argent, ce barreur en or a tenu à rendre hommage à son équipe et à toutes les personnes impliquées depuis plus de trois ans dans cette campagne victorieuse. Il se réjouit d’avoir donné du bonheur aux gens de son pays. «Nous avons reçu des messages de tout le monde, dit-il. Du premier ministre aux lycéens. Nous avons gagné en équipe et c’est ce qui a séduit le monde, je crois.»Difficile de redescendre sur terre quand on a passé deux semaines à voler de victoires en victoires. Jusqu’à ce point décisif, le 7e, qui le fait entrer un peu plus dans la légende mondiale de la voile. «Nous sommes absolument époustouflés par ce que nous avons pu accomplir», conclut-il dans une forme d’incrédulité.

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