Golf: «Le golf n'est plus qu'un hobby» pour Clément
Publié

Golf«Le golf n'est plus qu'un hobby» pour Clément

Le Genevois Julien Clément, meilleur Suisse de l'histoire de l'European Masters de Crans-Montana, a été le seul à avoir tutoyé la victoire. Il a désormais tourné la page.

Julien Clément est le dernier représentant helvétique à avoir évolué sur le Tour européen.

Julien Clément est le dernier représentant helvétique à avoir évolué sur le Tour européen.

Keystone

L'exploit du Genevois remonte à l'édition 2008, lorsqu'il avait pris une retentissante troisième place, seulement devancé d'un coup par le Français Jean-François Lucquin et un certain Rory McIlroy. «On m'en parle encore de temps en temps, et j'aime bien partager ces souvenirs. Cela reste quand même le moment fort de ma carrière», reconnaît Julien Clément.

Un moment rare également dans une carrière golfique où «tous les paramètres sont alignés, où tout fonctionne à merveille», se rappelle-t-il. «Ma saison n'avait pas été exceptionnelle jusque-là. Mais j'ai commencé à avoir un bon feeling dès mon arrivée à Crans-Montana, et cela a été crescendo au fil du tournoi. Plus je jouais bien, et plus j'avais de la pression au niveau du classement, et plus j'arrivais encore à augmenter mon niveau», raconte-t-il.

Cette troisième place historique n'a toutefois pas permis à Julien Clément de franchir un véritable cap dans sa carrière. Le Genevois a certes réussi de belles choses durant les années qui ont suivi, en se classant par exemple au 14e rang à Crans-Montana en 2009 ou en signant quelques résultats prometteurs sur le Challenge Tour (2e division). Il n'est pourtant pas parvenu à concrétiser son principal objectif, à retrouver sa place sur le Tour européen, où il avait joué entre 2003 et 2004, et où il est d'ailleurs le dernier Suisse à avoir évolué.

Aucun regret

«Durant une période, j'ai été proche de l'élite. Mais comme souvent en golf, et sans doute davantage que dans n'importe quel autre sport, je me suis ensuite retrouvé au creux de la vague. Cela a été difficile à vivre et j'ai commencé à me poser beaucoup de questions», confie-t-il.

Conscient qu'il se trouve à un moment charnière, Julien Clément tente un pari en 2011 en se rendant auprès d'un entraîneur en Floride afin de faire évoluer sa technique. Mais les modifications apportées à son jeu ne lui conviennent pas, et plutôt que de l'aider à progresser, elles insinuent le doute dans son esprit. «Ce séjour en Floride était à double tranchant, je le savais», explique celui qui, dès lors, ne retrouvera plus son meilleur niveau, à l'exception de quelques coups d'éclat isolés, comme cette carte de 59 (record suisse) rendue l'an dernier sur l'Alps Tour en Italie.

«Quand j'ai eu 35 ans (réd: en mai 2016), j'ai dû faire un choix. Les résultats des dernières années n'étaient pas à la hauteur de mes attentes, et j'ai réalisé que je n'avais plus envie de faire autant de sacrifices pour ma carrière», reconnaît Julien Clément. «Je continue aujourd'hui de jouer, mais le golf n'est plus qu'un hobby. J'aurais évidemment aimé réussir de plus grandes choses encore, mais je n'ai pas de regrets pour autant. J'ai eu une jolie carrière et vécu une expérience fabuleuse», relève-t-il.

Projet en Chine

Toujours actif dans le monde du golf, Julien Clément collabore désormais à l'organisation de différentes manifestations golfiques en Suisse. Il va aussi, pour le compte d'une entreprise chinoise de gestion de fortune, participer dès l'année prochaine au développement d'académies de golf dans l'Empire du Milieu.

Une nouvelle mission qui lui a fait garder son statut de joueur professionnel. De quoi, pourquoi pas, tenter un come-back et revenir un jour disputer l'European Masters ? «Non, je n'y pense plus. Crans-Montana, c'est du passé», conclut-il.

(ats)

Votre opinion