Nicaragua - Le gouvernement accuse les opposants arrêtés d’être à la solde de Washington
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NicaraguaLe gouvernement accuse les opposants arrêtés d’être à la solde de Washington

Selon les autorités nicaraguayennes, les quatre opposants arrêtés seraient des «usurpateurs» financés par les États-Unis pour renverser le président Daniel Ortega.

Treize opposants au gouvernement ont été arrêtés depuis début juin, dont le politologue Félix Maradiaga. (Photo INTI OCON / AFP)

Treize opposants au gouvernement ont été arrêtés depuis début juin, dont le politologue Félix Maradiaga. (Photo INTI OCON / AFP)

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Le gouvernement nicaraguayen a accusé lundi les quatre opposants et candidats potentiels à la présidentielle, arrêtés par les autorités, d’être des «usurpateurs» financés par les États-Unis pour renverser le président Daniel Ortega. Ces opposants, arrêtés à cinq mois de l’élection présidentielle, ne «représentent pas la véritable opposition au Nicaragua», a estimé le gouvernement dans un texte intitulé «Nicaragua: pour la défense de la souveraineté et de l’État de droit».

«La seule chose en commun qu’a ce groupe d’usurpateurs est sa loyauté au gouvernement des États-Unis», a ajouté le gouvernement, qui estime qu’«à travers leurs ONG respectives, ils ont reçu des millions de dollars» de Washington pour «renverser le gouvernement élu» du président Ortega.

Treize opposants au gouvernement ont été arrêtés depuis début juin. Outre les quatre prétendants à la présidence, des dissidents du parti au pouvoir, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN), ainsi que des membres de la société civile et des entrepreneurs, sont également détenus. La journaliste Cristiana Chamorro, fille de l’ex-présidente Violeta Chamorro (1990-1996), a été la première opposante arrêtée. Placée depuis en résidence surveillée, elle fait figure de principale concurrente à Daniel Ortega. L’ancien diplomate Arturo Cruz, le politologue Félix Maradiaga et l’économiste Juan Sebastian Chamorro, cousin de Cristiana, ont également été interpellés.

Washington et les Nations Unies ont réclamé leur libération immédiate. Les États-Unis ont en outre infligé des sanctions à quatre proches du chef de l’État. Le président démocrate de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, Bob Menendez, et le républicain Marco Rubio, ont exhorté le président américain Joe Biden à utiliser «tous les outils dont disposent les diplomates pour affronter le régime d’Ortega».

Dans une lettre au secrétaire d’État Antony Blinken, ils réclament un accroissement des sanctions économiques contre des proches d’Ortega et une intensification de la collaboration avec l’Organisation des États américains (OEA) en vue d’un rejet multilatéral de «l’attaque antidémocratique» du gouvernement nicaraguayen.

Daniel Ortega, un ancien guérillero qui a gouverné de 1979 à 1990, avant d’être battu dans les urnes par Violeta Chamorro, est revenu au pouvoir en 2007 avec le FSLN. Il a été réélu à deux reprises en 2011 et 2016 à la faveur d’une réforme constitutionnelle lui permettant de briguer de nouveaux mandats. Âgé de 75 ans, il pourrait briguer un quatrième mandat lors du scrutin de novembre.

Il est accusé par l’opposition et la communauté internationale de gouverner de manière autoritaire, après la répression brutale de manifestations contre son gouvernement en 2018, qui a fait 328 morts et des milliers d’exilés, selon les ONG.

(AFP)

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