25.03.2020 à 23:09

Le gouvernement du Kosovo renversé

Balkans

En pleine pandémie de Covid-19, une motion de défiance contre le gouvernement kosovare d'Albin Kurti a été adoptée mercredi soir.

Albin Kurti, chef de la formation nationaliste de gauche Vetevendosje, était arrivé au pouvoir sur la promesse de mettre fin au règne d'élites accusées de corruption.

Albin Kurti, chef de la formation nationaliste de gauche Vetevendosje, était arrivé au pouvoir sur la promesse de mettre fin au règne d'élites accusées de corruption.

AFP

Le gouvernement de coalition à la tête du Kosovo depuis moins de deux mois a été renversé mercredi par un vote de défiance. Ce point culminant de luttes intestines prive le territoire pauvre de direction en pleine pandémie due au nouveau coronavirus.

La motion de censure avait été présentée par le parti minoritaire dans la coalition gouvernementale dirigée par le premier ministre Albin Kurti, chef de la formation nationaliste de gauche Vetevendosje, arrivé au pouvoir sur la promesse de mettre fin au règne d'élites accusées de corruption. Après une douzaine d'heures de débats, la motion de censure présentée par la LDK de centre-droit a obtenu 82 voix sur 120.

Depuis plusieurs jours, de nombreux habitants de l'ancienne province serbe, où les services de santé manquent cruellement de ressources, tapent sur des casseroles à leur balcon pour protester contre la crise politique.

Le premier ministre et ses soutiens se disent victimes des manoeuvres de président Hashim Thaci, ancien guérillero et figure centrale de la politique kosovare depuis la guerre d'indépendance de 1998-1999. Les législatives d'octobre avaient consacré la défaite des anciens combattants indépendantistes du PDK, mais le mandat du président Thaci, leur chef, ne prend fin qu'en 2021.

Limogeage d'un ministre

Albin Kurti a accusé le président d'avoir orchestré la crise politique pour garder la main sur les affaires et finaliser un projet, soutenu par les États-Unis, d'échange de territoires avec la Serbie.

On ignore pour l'heure les conséquences de la motion de défiance qui renverse un gouvernement formé en février après des mois de laborieuses négociations entre deux formations qui n'ont pas grand-chose en commun.

Selon la constitution, le président pourrait donner à Albin Kurti ou à un représentant de la LDK un nouveau mandat pour former un gouvernement ou dissoudre le Parlement, ce qui entraînerait des élections anticipées.

La LDK a entrepris la censure de son propre gouvernement, une première dans l'histoire de la jeune démocratie instable de 1,8 million d'habitants, pour protester contre le limogeage d'un de ses ministres par Albin Kurti.

Le ministre en question s'était dit favorable à l'état d'urgence souhaité par le président Thaci pour lutter contre la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus, qui a contaminé officiellement plus de 70 personnes et fait un mort. Albin Kurti était contre une telle mesure d'exception, qui aurait conféré à Hashim Thaci des pouvoirs beaucoup plus importants que son rôle cérémonial actuel.

(ats)

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