RDC - Le gouvernement invité à revenir sur une décision autorisant le braconnage
Publié

RDCLe gouvernement invité à revenir sur une décision autorisant le braconnage

En RDC, une loi autorise la détente ou la vente d’espèces animales protégées contre une taxe. Les défenseurs de la nature parlent de feu vert au braconnage.

Pour tuer un éléphant en RDC, il faut verser 2885 dollars à l’État. Pour le détenir, 1860 dollars suffisent…

Pour tuer un éléphant en RDC, il faut verser 2885 dollars à l’État. Pour le détenir, 1860 dollars suffisent…

AFP

L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a appelé, jeudi, le gouvernement à annuler une décision autorisant le braconnage en République démocratique du Congo (RDC), et compromettant ses efforts pour protéger les espèces en danger.

Une décision conjointe des ministres congolais de l’Environnement et des Finances de juillet 2020 avait autorisé l’abattage, la détention et la vente d’espèces protégées en RDC contre le paiement d’une taxe, libéralisant de fait le braconnage dans le pays.

«Aujourd’hui, nous ne pouvons pas arrêter une personne pour détention illégale d’ivoire.»

Cosma Wilungula, directeur de l’Institut congolais pour la conservation de la nature.

«L’ICCN demande l’annulation de cet arrêté, parce qu’avec cette mesure de maximisation des recettes, l’ICCN ne peut plus faire le travail de conservation des espèces en danger de disparition», a déclaré son directeur général, Cosma Wilungula, lors d’une conférence de presse. «Aujourd’hui, l’ICCN ne peut pas arrêter une personne pour détention illégale d’ivoire ou de peaux d’okapi, il n’y a plus de trafic illégal d’espèces protégées» en RDC.

Abattre un éléphant? 2885 dollars

«Les 32 millions de dollars américains consacrés chaque année à la conservation n’ont plus de raisons d’être libérés par les bailleurs de fonds pour servir à la protection des aires protégées et des espèces en danger», a-t-il ajouté.

Selon cette décision, publiée dans le «Journal officiel» en février, il est désormais possible d’abattre un éléphant de forêt, à condition de verser 2885 dollars à l’État, ou de le détenir pour 1860 dollars. De même, capturer un gorille des montagnes coûtera 1545 dollars, et le tuer, le manger ou le vendre 1925.

100’000 dollars le bébé gorille

Selon Cosma Wilungula, une telle réglementation encourage le braconnage, alors que sur le marché local, un kilo d’ivoire se vend 600 dollars, un bébé gorille se négocie à 100’000 dollars, une peau d’okapi ou de léopard à 40’000 dollars.

D’autres espèces sont aussi concernées par cette libéralisation, notamment la baleine, bien que n’existant pas dans les eaux congolaises, a-t-il précisé.

(AFP)

Votre opinion

3 commentaires