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DémissionLe gouvernement malien jette l'éponge

Suite à la démission d'Oumar Tatam Ly, Moussa Mara, ministre sortant de l'Urbanisme et de la Politique de la ville, a été chargé de former un nouveau gouvernement.

Oumar Tatam Ly a remis sa démission au président malien.

Oumar Tatam Ly a remis sa démission au président malien.

AFP

Le Premier ministre malien a présenté la démission de son gouvernement, formé il y a sept mois, a-t-on appris de source officielle à Bamako dans la nuit de samedi à dimanche. Il a été remplacé par le ministre de l'Urbanisme et de la Politique de la ville, Moussa Mara.

«Le président de la République (...) a mis fin aux fonctions de M. Oumar Tatam Ly, Premier ministre, sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement de la République», précise un communiqué officiel lu à la télévision nationale.

Selon la même source, le président Ibrahim Boubacar Keïta «a nommé M. Moussa Mara Premier ministre (...) et l'a chargé de former un nouveau gouvernement». Le communiqué ne précise pas les raisons de la démission du gouvernement, sept mois seulement après la nomination de M. Ly comme Premier ministre, au lendemain de l'investiture du président Keïta.

Moussa Mara, 39 ans, avait été candidat au premier tour de l'élection présidentielle de l'été 2013 remportée par M. Keïta. Ce comptable, maire d'une commune de Bamako, avait remporté 1,5% des suffrages, sous la bannière de son mouvement, Yelema («changement» en bambara), qu'il a fondé en 2010.

Il est le fils de l'ancien ministre de la Justice Joseph Mara qui avait été emprisonné pendant cinq ans à la fin des années 70, sous la dictature de Moussa Traoré.

Mission de réconciliation

Oumar Tatam Ly, un banquier de 50 ans, ancien conseiller spécial du gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), était l'un des artisans du programme économique du président Keïta.

Premier chef de gouvernement du Mali post-crise, Oumar Tatam Ly s'était engagé «à relever les défis et missions qui (lui) ont été assignés par le président» Keïta, notamment le redressement et la réconciliation du Mali, déchiré par 18 mois de crise politico-militaire.

L'élection de M. Keïta, en août 2013, avait bouclé près de deux ans de soubresauts au Mali, après une crise débutée en janvier 2012 par une offensive de rebelles touareg. La moitié nord du pays avait été occupée par des mouvements djihadistes qui ont tiré parti du chaos après le coup d'Etat de mars 2012 contre le président Amadou Toumani Touré.

La France, ancienne puissance coloniale, est intervenue militairement en janvier 2013 pour les chasser.

(ats)

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