14.09.2016 à 00:41

BrésilLe gouvernement va largement privatiser

Le pays veut relancer l'investissement, dans un contexte de grave crise.

Le port de Santarem, sur le fleuve Amazone (ici en 2006), fait partie du plan de privatisation du gouvernement.

Le port de Santarem, sur le fleuve Amazone (ici en 2006), fait partie du plan de privatisation du gouvernement.

Keystone

Le nouveau gouvernement brésilien a lancé mardi un vaste programme de privatisations sur lequel il entend s'appuyer pour relancer l'investissement dans un pays en pleine débâcle économique. Le plan touche les mines, les infrastructures et les transports.

Brasilia a prévu de céder au privé d'ici mars des licences d'exploitation pour quatre aéroports - Porto Alegre, Salvador, Florianópolis et Fortaleza - d'un terminal de carburant dans le port de Santarem (en Amazonie) et d'un terminal pour le blé, à Rio de Janeiro. Il entend également concéder courant 2017 des droits d'exploitation des routes fédérales dans le Centre-Ouest et dans le Sud.

«L'idée de base de ce programme est avant tout (de favoriser) la croissance économique du pays. Et, conséquence naturelle, la création d'emplois», a affirmé à Brasilia le président Michel Temer. Ce dernier a succédé le 31 août à la présidente de gauche destituée Dilma Rousseff.

Politique d'austérité

Avec ce programme de privatisations, conjugué à l'instauration d'une politique d'austérité, il cherche à combler le déficit budgétaire et réduire l'endettement qui a précipité la note souveraine brésilienne en catégorie spéculative. «Nous devons ouvrir le pays au secteur privé parce que l'Etat ne peut pas tout faire», a déclaré le président à ses ministres lors de la présentation de son programme, baptisé «Projet croissance».

Le gouvernement espère relancer l'intérêt du secteur privé en modifiant la législation. Celle-ci prévoit que la société pétrolière publique Petrobras prenne systématiquement une participation de 30% dans tous les nouveaux projets.

Pétrole, gaz, eau

Le gouvernement de Michel Temer prévoit également des enchères pour des concessions de champs de pétrole et de gaz qui ne sont plus rentables pour l'entreprise qui les exploite, sans toutefois être arrivés à maturité. Il cherche par ailleurs à privatiser six distributeurs d'électricité détenus par la compagnie publique Electrobras dans le Nord et le Nord-Ouest.

Il prévoit en outre de céder en 2018 la compagnie carioca de distribution d'eau et de traitement des eaux usées Cedae. Parmi les concessions minières qui seront ouvertes au privé, figurent les sites d'exploitation de phosphate, de cuivre, de plomb, de zinc et de charbon.

D'après le programme initial, 21 projets seront mis aux enchères en 2017, les quatre autres au premier semestre 2018. Le gouvernement espère lever 24 milliards de dollars (23,4 milliards de francs) à partir de son programme de concessions dont 11 milliards en provenance des secteurs du gaz et du pétrole.

Projets de réforme

Michel Temer s'était empressé d'annoncer, en accédant à la présidence par intérim du Brésil en mai, que sa priorité serait de relancer la croissance et d'assainir les comptes publics.

Le PIB de la première économie d'Amérique Latine a enregistré en 2015 un recul de 3,8%. Il s'achemine cette année vers une chute similaire, tandis que l'inflation a atteint 8,97% sur les douze derniers mois et que l'on compte 12 millions de chômeurs.

Michel Temer, qui doit terminer le mandat de Dilma Rousseff - celui-ci s'achevant fin 2018 -, a déjà envoyé au Parlement une proposition d'amendement de la Constitution pour instaurer un plafond des dépenses publiques pendant 20 ans. Selon le texte, elles ne pourront pas augmenter plus que la hausse annuelle des prix, y compris dans la santé et l'éducation.

Devraient suivre une réforme des retraites et une autre du droit du travail.

(ats)

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