24.04.2018 à 12:13

Le Grand Conseil octroie 22 millions pour l'asile

Vaud

Les fonds octroyés par le Grand Conseil vaudois doivent notamment financer la transformation et la construction d'un foyer d'hébergement collectif à Lausanne.

Une vue du Grand Conseil vaudois.

Une vue du Grand Conseil vaudois.

Keystone

Le Grand Conseil vaudois a accepté mardi à une très large majorité d'accorder une garantie d'emprunt de 22 millions à l'Etablissement d'accueil des migrants (EVAM) pour le développement de son parc immobilier. Le débat s'est étendu à l'encadrement des mineurs non accompagnés.

Les fonds accordés sont destinés à plusieurs projets. Ils doivent financer entre autres la transformation et la construction d'un foyer d'hébergement collectif à Lausanne, l'acquisition d'un immeuble à Chamby, ainsi que la rénovation de deux autres immeubles.

Tant à gauche qu'à droite, des députés ont salué la volonté de l'EVAM d'offrir des meilleures conditions d'accueil aux migrants, même si le nombre de requérants a fortement baissé.

En 2015, face à l'afflux de réfugiés, il avait fallu ouvrir plusieurs abris PC. Ils n'étaient pas du tout adéquats pour répondre à la demande, ainsi que pour des raisons de dignité humaine, a rappelé notamment Léonore Porchet (Verts).

Logés en appartements

A la question du PLR Guy Gaudard se demandant si c'était bien le rôle de l'EVAM de s'occuper de son parc immobilier, Philipe Leuba a répondu que le directeur s'en chargeait en collaboration avec le canton. L'UDC Yvan Pahud a estimé que vu la baisse de nombre de requérants, les abris PC pourraient continuer à servir de tampons.

Aujourd'hui, 4000 migrants sont logés en appartements, a répondu le conseiller d'Etat Philippe Leuba en charge de l'asile. Est-ce bien pertinent de prendre de la place sur le marché libre, s'est-il interrogé.

Symptomatique

Alors que le plénum a refusé dans la matinée de traiter une résolution de Jean-Michel Dolivo d'Ensemble à gauche (EAG) portant sur le sort des mineurs non accompagnés, la question est revenue sur le tapis lors des discussions. Hadrien Buclin (EAG) a souligné que leur cas était symptomatique.

A peine le flux diminue que le canton se dépêche de fermer l'un des quatre foyers du canton, a-t-il déploré. Cette décision est l'un des éléments déclencheurs de la mobilisation de ce jour à l'EVAM dans les foyers pour mineurs non accompagnés, a-t-il rappelé, regrettant que le canton ferme des locaux dès que la crise est un peu passée «pour faire des économies».

«On parle d'un encadrement lamentable des mineurs non accompagnés», a renchéri Léonore Porchet. Ces jeunes de 14 à 18 ans ont besoin d'un soutien bien plus important, après les traumatismes de l'exil, a poursuivi Jean-Michel Dolivo.

Plus de la moitié en moins

A l'extrême-gauche, on pense que l'on veut faire des économies, alors que l'on propose une garantie d'emprunt de 22 millions, a répliqué Philippe Leuba. Les autres pensent que l'on met trop d'argent.

Sur le budget 2017, on a accordé huit emplois équivalent plein temps pour faire face à la situation des mineurs non accompagnés, a -t-il rappelé. Mais leur nombre a passé de 270 à 125. «On ne peut avoir une diminution de plus de 50% sans qu'il n'y ait de conséquences sur l'encadrement et le nombre de places dévolues à cette politique-là. On ne peut pas faire comme si de rien était quand on gère les deniers publics».

Le ministre a également «mis au défi le plus savant des députés de cet hémicycle de prévoir les flux migratoires ces prochains mois». Au vote, la garantie d'emprunt a été accordée à une large majorité.

(ats)

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