05.03.2013 à 14:47

ParlementLe Gripen trébuche au Conseil des Etats

Le Conseil des Etats a accepté le crédit pour les 22 avions de combat suédois par 22 voix contre 20. Mais il n'a pas libéré les 3,126 milliards faute d'une majorité de 24 sénateurs pour lever le frein aux dépenses.

Le fonds du Gripen devrait être alimenté pendant dix ans en puisant en moyenne chaque année 300 millions dans le budget de l'armée.

Le fonds du Gripen devrait être alimenté pendant dix ans en puisant en moyenne chaque année 300 millions dans le budget de l'armée.

Keystone

Le Conseil des Etats a voté en faveur du crédit pour les Gripen, mais seuls 23 conseillers ont accepté de lever le frein aux dépenses contre 19 et 1 abstention. D'une manière générale, les opposants à l'achat de nouveaux jets destinés à remplacer la flotte des Tiger ont recruté plus large que prévu.

Le camp rose-vert et les Vert'libéraux militaient clairement contre cette acquisition. Or ils ne peuvent réunir au maximum que 15 voix au sein de la Chambre des cantons. Plusieurs élus bourgeois leur ont apporté leur soutien à l'instar de Raphaël Comte (PLR/NE), Anne Seydoux (PDC/JU) et This Jenny (UDC/GL). Ce dernier a été le seul à motiver son vote lors du débat.

Critiques à gauche

Les critiques ont surtout été portées par la gauche. Il y a bien d'autres besoins à couvrir au sein de l'armée avec les 3 milliards en question, comme des avions de transport, a lancé Roberto Zanetti (PS/SO). Son camarade jurassien Claude Hêche a déploré un manque de vision sur l'avenir de la défense aérienne.

Et de douter que la Suisse doive l'assurer seule, d'autant plus que la surveillance n'est assurée actuellement qu'aux heures de bureau faute d'argent. Les assurances sur le bien-fondé de l'achat apportées au nom de la commission préparatoire par son président Hans Hess (PLR/OW) n'ont pas convaincu.

Tout en raillant les tergiversations «théâtrales» de certains élus bourgeois ralliés entretemps à la cause du Gripen, Roberto Zanetti s'en est ainsi pris au «squelette» de contrat d'acquisition définitif, en anglais technique, présenté pendant une heure à la commission préparatoire. Celle-ci devrait replancher sur le dossier et procéder à une analyse fouillée de ce document, a estimé Luc Recordon (Verts/VD).

Soutien «officiel» à droite

Les orateurs de droite ont quasiment tous plaidé la nécessité d'acquérir de nouveaux avions afin que l'armée assure ses missions de surveillance et défense de l'espace aérien. La vieille flotte de 54 Tiger ne sera plus utilisée (les moderniser coûterait trop cher) et les 33 F/A-18 restants ne suffiront pas, selon Hans Hess.

Après une analyse détaillée, la commission préparatoire a jugé limités les risques techniques, financiers, politiques et de calendrier liés à l'achat des Gripen. La Suède est un partenaire à qui l'on peut faire confiance, selon le président de la commission préparatoire.

Cette dernière n'a pas non plus remis en cause le recours à la location d'appareils, en attendant le dernier modèle commandé. Les premiers onze Gripen de type D seraient remis entre mi-2018 et 2019. En attendant la livraison complète, Berne louera de 2016 à 2020 huit Gripen C et trois Gripen D.

Les partisans du nouvel avion ont également mis en avant les affaires compensatoires qui profiteront à l'économie suisse. Et d'appeler à ce que l'objectif de répartition entre les régions linguistiques (65% en Suisse alémanique, 30% en Romandie, 5% au Tessin) soit tenu.

Le peuple tranchera si nécessaire

Si l'achat des jets suédois est fortement contesté, la création d'un fonds pour financer l'opération (en puisant en moyenne 300 millions chaque année pendant dix ans dans le budget de l'armée) l'est moins. Cela offrira en effet une possibilité d'en référer au peuple.

La loi idoine soumise au référendum facultatif, a été acceptée par 23 voix contre 15 et 4 abstentions. S'ils ne parviennent pas à tordre le cou aux Gripen au Parlement, les opposants à cet achat pourront ainsi toujours compter avec une votation populaire. En attendant le dossier doit passer au Conseil national.

Sa commission des finances, dans un co-rapport à celle de la politique de sécurité, a donné son aval au projet par 15 voix contre 9. Elle a profité de l'occasion pour revenir sur une revendication du Parlement: le budget militaire doit atteindre 5 milliards par an et pas seulement les 4,7 milliards consentis par le Conseil fédéral.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!