Actualisé 04.12.2017 à 06:47

HôtellerieLe groom idéal est un robot

Il s'appelle Paolo Pepper, il est bosseur, toujours de bonne humeur et a réponse à tout. De quoi faire peur.

von
Ariel F. Dumont
Rome
D’humeur toujours égale, infatigable et polyglotte, Paolo Pepper, le premier humanoïde employé d’hôtel.

D’humeur toujours égale, infatigable et polyglotte, Paolo Pepper, le premier humanoïde employé d’hôtel.

Valentina Za/Reuters

Ce petit robot, qui fait un peu penser à C-3PO, le sympathique humanoïde à la carcasse dorée du film «La guerre des étoiles», vient d’être recruté par un hôtel situé sur le lac de Garde. Et il a été construit par une société italienne. Une première qui suscite l’intérêt, mais aussi l’inquiétude des salariés en chair et en os, qui craignent sa froide concurrence.

Ce robot mesure 1,20 mètre et pèse 28 kg. Sous ses pieds, il a deux grosses roues qui lui permettent de se déplacer plutôt rapidement. Tous ses collègues humains lui trouvent un petit air de famille avec C-3PO. Et ça n’a rien de vraiment étrange, car Paolo Pepper, c’est son nom, est un humanoïde. Et un humanoïde sacrément célèbre en Italie depuis quelques jours.

Il est en effet le premier réceptionniste non humain. Paolo a été recruté il y a une petite semaine par un hôtel du nord de la Péninsule, dans une région très touristique. Pour le moment, ses collègues humains ne se plaignent pas, mais peut-être que l’idylle ne va pas durer, car il faut savoir que Paolo Pepper travaille, paraît-il, très bien. Même mieux que les humains qu’il côtoie au quotidien, affirment ses créateurs. Du coup, les syndicats pourraient bien se saisir de l’affaire, affirment plusieurs avocats sous le manteau.

Infatigable travailleur

Son dynamisme professionnel infatigable, voilà la raison pour laquelle il a été recruté. Pour remplacer les humains parfois un peu fatigués ou agacés qui, pour des raisons personnelles, ne sont pas toujours disponibles avec les clients. Selon ses créateurs, de la société Jampaa implantée à Padoue, Paolo Pepper n’a pas de pathos. Il lui est donc impossible d’être de mauvaise humeur.

 Le robot pourrait bien faire concurrence à l’avenir à ses collègues humains. Photo: DR/LMS

Le robot pourrait bien faire concurrence à l’avenir à ses collègues humains. Photo: DR/LMS

En revanche, il capte les émotions, les sensations des humains avec lesquels il discute. Il sait quand ils sont tristes, contents, en colère ou surpris, et il peut interférer avec eux en fonction de leurs états d’âme. Il les reconnaît, leur conseille les bons plans touristiques de la région, leur donne les horaires d’ouverture de la piscine et du cours de tennis. Paolo Pepper parle aussi plusieurs langues, et il est toujours branché sur Internet grâce à la tablette insérée dans son torse métallique.

«C’est très pratique car il peut dire aux clients ce qui se passe dans le monde à la minute près», confie Luca Vescovi, manager de la société Jampaa. En clair, Paolo est l’employé idéal. «Dans son travail, il est complètement autonome, les humains interviennent en cas de problème technique, une hypothèse quasi impossible, ou alors pour lui apprendre un truc nouveau», explique Luca Vescovi.

En croisière, à la banque…

Grâce à ce magnifique bagage professionnel, les robots comme Paolo Pepper peuvent travailler dans tous les secteurs. Ce qui est déjà le cas d’ailleurs. Des groupes comme Nestlé et Loft ont déjà recruté des frères de Paolo. Et le croisiériste Costa Crociere en a également commandé un pour jouer le rôle de stewart. Enfin, l’institut de crédit Intesa San Paolo, numéro deux du secteur bancaire transalpin, a également choisi un humanoïde pour gérer la clientèle dans le cadre d’un nouveau produit.

Au Japon enfin, le pays le plus avant-gardiste dans ce domaine de technologie pointue, son cousin rebaptisé Nao a travaillé dans un hôtel géré par des humanoïdes de la préfecture de Nagasaki.

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