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ChimieLe groupe BASF supprime 350 emplois en Suisse

Le groupe chimique allemand BASF supprime 350 emplois sur ses sites suisses de Bâle et Schweizerhalle (BL). Cette restructuration vise à améliorer sa capacité concurrentielle. Aucun site valaisan du groupe n'est touché.

ARCHIVES, Keystone

Le groupe chimique allemand BASF supprime 500 emplois dans le monde dont 350 dans la région bâloise, a-t-il annoncé mardi. Il justifie cette restructuration qui touche de plein fouet ses sites de Bâle et Schweizerhalle par des raisons de compétitivité.

Les unités concernées sont celles des additifs pour plastiques, des pigments et des produits chimiques pour l'eau, le cuir et le textile, des activités fortement concurrencées depuis l'Asie, explique le groupe. La restructuration devrait être menée à terme d'ici à fin 2015, a ajouté BASF.

«La décision de supprimer des emplois n'a pas été facile à prendre. Nous avons d'ores déjà engagé des discussions avec les représentants du personnel et nous nous efforçons de trouver des perspectives d'emploi dans d'autres sociétés du groupe BASF au plus grand nombre de collaborateurs concernés possible», a déclaré Andreas Dür, directeur de BASF Suisse, cité dans un communiqué.

Le nombre de licenciements qui seront finalement prononcés n'est pas encore défini, a indiqué un porte-parole de la firme. BASF, qui avait acquis en 2008 l'essentiel des activités restantes de l'ex-Ciba Spécialités Chimiques pour 6,1 milliards de francs, occupe actuellement 2600 personnes en Suisse, dont près de la moitié dans la région bâloise.

Plus grand groupe chimique du monde, BASF occupe quelque 110'000 personnes au total. L'an dernier, il a réalisé un chiffre d'affaires de 72,1 milliards d'euros (88 milliards de francs) et un bénéfice opérationnel (EBIT) de près de 7 milliards d'euros.

Transferts à Hong Kong et Ludwigshafen

Selon BASF, ses nouvelles stratégies de marché entraînent une diminution des besoins dans le secteur de la recherche sur les additifs pour plastiques et les pigments au Centre de recherche de Bâle. Cette unité et ses sites de Bâle-Rosental et Schweizerhalle verront de ce fait leur taille revue à la baisse, alors qu'il est prévu de vendre le site bâlois de Klybeck, proche du Campus Novartis sur la rive du Rhin.

La gestion des activités Plastic Additives sera regroupée à Ludwigshafen (D), de même que celle des activités européennes de l'unité Pigments & Resins. A l'échelle mondiale, la gestion de produits de cette dernière sera concentrée à Hong Kong, annonce BASF.

Consternation à Bâle

L'annonce de mardi a suscité émotion et réprobation dans la région bâloise. Le gouvernement de Bâle-Ville s'est déclaré «consterné» par la décision du groupe allemand. Il en appelle à BASF pour que la firme propose un plan social «généreux».

Les autorités cantonales se montrent également préoccupées par le fait que le démantèlement annoncé touche également le domaine de la recherche. Elles exigent de BASF des explications supplémentaires sur cette restructuration.

Du côté syndical, la colère gronde. Syna et Unia s'insurgent ainsi contre le non-respect de la convention collective (CCT) renouvelée en 2012 avec BASF, qui contrairement aux dispositions prévues n'a pas informé le syndicat avant d'annoncer sa décision. Pour Syna, cette attitude montre «l'arrogance et l'arbitraire» de la direction du groupe.

Le syndicat Employés Suisse manifeste également son inquiétude face à la suppression de postes dans la gestion des produits et la recherche, des activités-clés du groupe allemand. Cette évolution «ne laisse rien présager de bon pour les emplois maintenus» par BASF dans la région bâloise et plus généralement pour le précieux savoir faire qui y a été développé dans le secteur de la chimie.

(ats)

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