Syrie: Le groupe EI s'approche de la ville d'Hassaké

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La bataille pour la ville d'Hassaké, chef-lieu d'une province syrienne, se poursuivait jeudi à la périphérie sud et sud-est de la ville.

Le groupe Etat islamique (EI) était jeudi aux portes de Hassaké, chef-lieu d'une province du nord-est de la Syrie. La poursuite des raids de la coalition internationale, qui ont tué 10'000 djihadistes dans ce pays et en Irak, n'a pas empêché cette avancée.

Commencée le 30 mai, la bataille pour Hassaké se poursuivait jeudi 4 juin à la périphérie sud et sud-est de la ville, limitrophes des quartiers tenus par le régime syrien, selon l'Organisation syrienne des droits de l'homme (OSDH) et des militants. D'après l'OSDH, le groupe EI a dépêché il y a quelques jours plus de 400 djihadistes de Deir Ezzor (est) vers Hassaké.

Partagée entre Kurdes et loyalistes

Le régime a également fait état de l'envoi de renforts. Le groupe EI ne se trouve plus qu'à 500 mètres de cette ville. Le contrôle de Hassaké est partagé entre le régime de Bachar el-Assad et les forces kurdes, selon l'OSDH, une organisation basée à Londres et proche de l'opposition syrienne.

La chute de la ville donnerait au groupe EI le contrôle d'une deuxième capitale provinciale en Syrie après Raqa (nord), son principal bastion dans ce pays ravagé par quatre ans de guerre. Elle serait également le troisième chef-lieu d'une province à échapper au régime, la ville d'Idleb (nord-ouest) étant aux mains d'Al-Qaïda et de rebelles depuis le 28 mars.

Le quotidien syrien Al-Watan, proche du régime, a critiqué le manque d'implication des forces kurdes dans la bataille. Il s'est dit «surpris de la faiblesse de certains frères kurdes» pour défendre Hassaké.

Quatorze civils tués

Dans le nord du pays, de nouveaux raids aériens du régime ont tué 14 civils dans deux localités de la province d'Alep, contrôlée en majorité par les rebelles. La moitié des morts sont des enfants, dont quatre frères, selon l'OSDH.

Les ONG internationales dénoncent régulièrement le largage de barils d'explosifs par le régime de Bachar el-Assad. Ce dernier dément recourir à cette arme destructrice et aveugle. D'après l'OSDH, le régime veut punir les civils résidant dans les zones rebelles.

Visite du ministre de la défense

Le ministre syrien de la défense, le général Fahad Djassim al Freidj, s'est rendu jeudi auprès des soldats gouvernementaux près de Homs, rapporte la télévision publique syrienne. Cette ville se trouve à 150 km à l'ouest de la ville de Palmyre tombée le mois dernier aux mains des djihadistes du groupe EI.

Egalement numéro deux des forces armées, le ministre a dit sa certitude que les troupes gouvernementales sauront défendre la Syrie face «au terrorisme et à ses soutiens».

Camions bombes

En Irak, des responsables ont affirmé qu'une frappe de la coalition internationale avait détruit mercredi à Hawija (225 km au nord de Bagdad) l'un des plus importants sites de fabrication de voitures piégées du groupe EI. La coalition a confirmé le raid, mais pas la cible.

Le groupe EI a de plus en plus recours à ces «camions bombes», bourrés de tonnes d'explosifs, dans ses offensives en Irak qui lui ont notamment permis en mai de prendre Ramadi, capitale de la province d'Al-Anbar (ouest). Alors que les forces irakiennes, soutenues par des milices chiites et des tribus sunnites, tardent à lancer leur contre-offensive pour reprendre Ramadi, le Premier ministre Haider al-Abadi a admis qu'entrer dans la ville était risqué à cause de ces «camions bombes».

Bruxelles débloque des millions

Sur le front diplomatique, l'opposition en exil a rencontré jeudi à Istanbul le médiateur de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

La Commission européenne a pour sa part annoncé jeudi qu'elle débloquait 25 millions d'euros supplémentaires pour l'aide humanitaire aux victimes du conflit en Irak. L'ONU estime les besoins à un demi-milliard de dollars et avait lancé un appel aux dons.

«Ceci aidera les déplacés dans le pays, y compris ceux qui ont récemment fui les combats à Ramadi dans la province d'Al-d'Anbar, avec de l'eau, de la nourriture, des sanitaires, des abris, du matériel et des soins médicaux», a indiqué la Commission dans un communiqué.

(ats)

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