Elections: Le Guatemala a commencé à voter

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ElectionsLe Guatemala a commencé à voter

Dans un climat tendu face à la corruption, plus de 7,5 millions de Guatémaltèques se rendent aux urnes pour élire un nouveau président.

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Le Guatemala a lancé un message contre la corruption et la classe politique traditionnelle en plaçant un acteur comique sans expérience en tête du premier tour de l'élection présidentielle, point d'orgue d'une mobilisation populaire sans précédent. (7 septembre 2015)

Le Guatemala a lancé un message contre la corruption et la classe politique traditionnelle en plaçant un acteur comique sans expérience en tête du premier tour de l'élection présidentielle, point d'orgue d'une mobilisation populaire sans précédent. (7 septembre 2015)

Keystone
Les Guatémaltèques se rendent aux urnes dimanche. Ce scrutin se déroulait dans un climat d'exaspération inédit face à la corruption, après une semaine historique qui a vu le chef de l'Etat sortant démissionner puis être placé en garde à vue. (6 septembre 2015)

Les Guatémaltèques se rendent aux urnes dimanche. Ce scrutin se déroulait dans un climat d'exaspération inédit face à la corruption, après une semaine historique qui a vu le chef de l'Etat sortant démissionner puis être placé en garde à vue. (6 septembre 2015)

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Les Guatémaltèques se rendent aux urnes dimanche. Ce scrutin se déroulait dans un climat d'exaspération inédit face à la corruption, après une semaine historique qui a vu le chef de l'Etat sortant démissionner puis être placé en garde à vue. (6 septembre 2015)

Les Guatémaltèques se rendent aux urnes dimanche. Ce scrutin se déroulait dans un climat d'exaspération inédit face à la corruption, après une semaine historique qui a vu le chef de l'Etat sortant démissionner puis être placé en garde à vue. (6 septembre 2015)

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Les Guatémaltèques se rendent aux urnes dimanche. Ce scrutin se déroulait dans un climat d'exaspération inédit face à la corruption, après une semaine historique qui a vu le chef de l'Etat sortant démissionner puis être placé en garde à vue.

Le président du Tribunal suprême électoral (TSE), Rudy Pineda, a déclaré les 2700 bureaux de vote du pays ouverts à 7h locales (15h suisses), à l'issue d'une courte cérémonie en présence d'observateurs internationaux.

Des images de télévision ont montré dimanche matin des électeurs ayant déjà formé dans le calme des files d'attente dès l'aube. Les urnes devaient fermer à 18h00 et les premiers résultats n'étaient pas attendus avant 21h (5h suisses lundi). Les Guatémaltèques devaient aussi choisir 158 députés et 338 maires.

Après avoir déposé son bulletin dans l'urne, chaque électeur devait tremper son index dans de l'encre indélébile, ce qui l'empêche de voter plusieurs fois, dans ce pays où l'achat de voix est monnaie courante.

Trois favoris

Trois des 14 candidats à la présidentielle se détachent: l'humoriste Jimmy Morales, candidat de droite sans expérience politique, crédité de 25% des suffrages dans un sondage publié jeudi, le conservateur Manuel Baldizon (22,9%) et la social-démocrate Sandra Torres, ex-Première dame (18,4%). Un éventuel second tour aura lieu le 25 octobre.

Le scrutin survient au terme d'une semaine rocambolesque qui a vu le président conservateur Otto Pérez, accusé de diriger un réseau de corruption au sein des douanes, perdre son immunité, démissionner puis être placé en garde à vue jusqu'à mardi.

Mouvement populaire

Il ne s'agit que des derniers épisodes d'un feuilleton qui dure depuis avril. Il a été marqué d'un côté par le travail d'enquête mené conjointement par le parquet et la Commission de l'ONU contre l'impunité (Cicig), mettant au jour plusieurs scandales de corruption, et de l'autre, un mouvement populaire sans précédent.

Avec des manifestations pacifiques organisées chaque samedi pour dénoncer la corruption, «le Guatemala donne un exemple mondial de mobilisation citoyenne», salue José Edgardo Cal Montoya, historien à l'université San Carlos.

«Les Guatémaltèques se sont rendu compte qu'en se mobilisant, ils pouvaient obtenir des changements» et ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin, dit-il.

Refonte du système politique

Satisfaits du départ d'Otto Pérez, les manifestants exigent désormais une refonte du système politique pour le purger de la corruption, source de 50% du financement des partis selon l'Institut centraméricain d'études fiscales (Icefi).

Mais ces derniers mois, tous les recours pour repousser le scrutin, déposés par des partis minoritaires et des collectifs citoyens, ont été rejetés par le tribunal électoral. Et les demandes de réformes, pour empêcher la réélection des maires et députés, changer la gestion des partis et permettre le vote à l'étranger (1,5 million de Guatémaltèques vivent notamment aux Etats-Unis, pour une population de 15,8 millions), n'ont pas été entendues.

Samedi, une «marche funèbre» a réuni dans la capitale plusieurs centaines d'habitants, portant un cercueil et des habits de deuil face à un scrutin «mort-né». Une nouvelle manifestation était convoquée pour dimanche matin.

«Les citoyens disent qu'ils ne veulent pas d'élections dans ces conditions-là, car cela va être la même chose», observe Marie-Dominik Langlois, chercheuse à l'université du Québec à Montréal, qui vient de passer un an au Guatemala.

Crainte de violences

Face aux craintes d'une forte abstention, voire d'actes de violence dans ce pays pauvre miné par le crime organisé, les appels au vote et au calme se sont multipliés, venant notamment de l'ONU.

Vendredi, des affrontements entre sympathisants avaient fait un mort à Santa Barbara (sud). Dans ce contexte, 35'000 policiers ont été mobilisés pour encadrer le vote, pendant lequel toute vente d'alcool a été interdite.

(ats)

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