02.10.2020 à 18:32

RwandaLe héros d’«Hotel Rwanda» reste en détention

La justice rwandaise a refusé de libérer sous caution Paul Rusesabagina. Il reste détenu jusqu’à son procès.

Paul Rusesabagina, restera en prison avant d’être jugé notamment pour terrorisme, meurtre et financement de rébellion.

Paul Rusesabagina, restera en prison avant d’être jugé notamment pour terrorisme, meurtre et financement de rébellion.

AFP

Le héros du film «Hotel Rwanda», Paul Rusesabagina, restera en prison avant d’être jugé notamment pour terrorisme, meurtre et financement de rébellion, la justice rwandaise ayant refusé vendredi de le libérer sous caution.

M. Rusesabagina a été rendu célèbre par le film hollywoodien sorti en 2004 qui raconte comment l’ancien directeur de l’hôtel des Mille Collines à Kigali, un hutu modéré, a sauvé des milliers de vies au cours du génocide qui a tué 800’000 personnes, principalement des Tusti, au Rwanda.

La police rwandaise avait annoncé fin août l’arrestation, dans des circonstances troubles, de ce féroce critique du gouvernement de Paul Kagame, qui vivait en exil aux Etats-Unis et en Belgique depuis 1996.

Une première demande de libération sous caution avait déjà été rejetée. Agé de 66 ans, M. Rusesabagina avait fait appel de cette décision, invoquant une santé fragile.

«Disparition forcée»

Il restera désormais en prison jusqu’à son procès. Son avocate, Me Emmeline Nyambo, a déclaré à la presse préparer maintenant la défense de son client.

Lors d’une audience devant la justice rwandaise fin septembre, M. Rusesabagina a admis avoir participé à la création d’un groupe rebelle, les Forces de libération nationale( FNL), mais il a nié toute implication dans leurs crimes.

Sa famille accuse les avocats de M. Rusesabagina d’agir pour le compte de l’État. «Mon père est entouré de gens qui veulent qu’il tombe», a déclaré jeudi son fils, Tresor Rusesabagina.

Dans une récente interview accordée au «New York Times» depuis une cellule de Kigali, M. Rusesabagina avait déclaré qu’il pensait se rendre au Burundi fin août, mais que le jet privé dans lequel il était monté avait finalement atterri par «surprise» au Rwanda.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé une «disparition forcée» dont les autorités rwandaises doivent répondre.

(AFP/NXP)

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