Moyen-Orient: Le Hezbollah, «principal ennemi» d'Israël
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Moyen-OrientLe Hezbollah, «principal ennemi» d'Israël

Le groupe libanais armé, s'il reste le principal ennemi de l'Etat hébreu, est embourbé en Syrie.

Intervention vidéo du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. (24 juin 2016)

Intervention vidéo du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. (24 juin 2016)

"AFP PHOTO / HO / AL-MANAR TV, AFP

Dix ans après une guerre dévastatrice, le Hezbollah reste l'ennemi principal d'Israël. Mais l'implication militaire du puissant mouvement armé libanais en Syrie rend très peu probable un nouveau conflit pour le moment.

Déclenchée le 12 juillet 2006, après la capture à la frontière par le Hezbollah de deux soldats israéliens et de la mort de trois autres, cette guerre est perçue de façon négative en Israël, où des analystes ont déploré l'absence de véritable stratégie.

Le chef d'état-major, le général Gadi Eisenkot, qui avait dirigé les opérations militaires à l'époque, a tenté de répondre aux critiques en assurant que les leçons avaient été tirées.

Le «principal ennemi» d'Israël

«La menace en provenance du Liban existe toujours (...) et nécessite que l'armée israélienne soit préparée pour faire face à tout scénario», a écrit le général Eisenkot dans une lettre ouverte publiée dimanche 10 juillet.

Au début de l'année, le chef d'état-major avait qualifié le Hezbollah armé et financé par l'Iran, de «principal ennemi» d'Israël, tandis que son adjoint, le général Yaïr Golan, affirmait en avril que le renforcement des capacités militaires du Hezbollah était inquiétant.

Plus de 100'000 roquettes

Selon le général Golan, une éventuelle nouvelle crise ne manquerait pas de dégénérer «en guerre totale». Il a prévenu que du fait de la présence de combattants du Hezbollah au milieu des civils au Liban, «il n'y a pas d'autres moyens d'éliminer la menace sans provoquer d'importants dégâts aux infrastructures libanaises, aux habitations libanaises et aux autres installations civiles».

L'armée israélienne estime que le Hezbollah dispose de 100'000 à 120'000 roquettes et missiles à courte et moyenne portée ainsi que des centaines de missiles pouvant atteindre la région de Tel-Aviv.

Mais depuis 2013, le Hezbollah, un allié du régime syrien Bachar el-Assad, a envoyé des milliers de ses hommes combattre en Syrie au côté de l'armée contre les groupes rebelles et les djihadistes.

«Pour le moment, l'attention du Hezbollah est centrée sur la Syrie», pays voisin du Liban et d'Israël, affirme Phillip Smyth, assistant du Washington Institute pour la politique au Proche-Orient.

Raids israéliens

«Il est difficile pour le Hezbollah d'ouvrir un nouveau front contre un ennemi très puissant comme Israël, alors qu'il doit déjà affronter une multitude d'autres ennemis en Syrie», ajoute-t-il.

Israël, de son côté, a reconnu avoir attaqué à plusieurs reprises durant la guerre en Syrie des convois transportant des armes destinées au Hezbollah.

Les 34 jours de guerre entre le Liban et le Hezbollah en 2006 ont fait 1200 morts, essentiellement des civils du côté libanais et 160 Israéliens en majorité des militaires. Le Hezbollah a tiré des milliers de roquettes vers le nord d'Israël qui a pour sa part mené des raids destructeurs au Liban.

Nombreux sont ceux en Israël qui estiment que les attaques aériennes et terrestres au Liban se sont soldées par un échec, car elles n'ont pas empêché le Hezbollah de poursuivre ses tirs de roquettes et de libérer les deux soldats capturés, puis tués.

Une erreur

Les corps de ces deux militaires ont été restitués deux ans après en échange de cinq détenus libanais. Le premier ministre de l'époque, Ehud Olmert, ainsi que les responsables militaires ont été la cible d'un flot de critiques.

Un rapport gouvernemental a déploré le manque de planification et d'une claire stratégie de sortie de guerre. Ce document a critiqué une offensive déclenchée lors des derniers jours de la guerre alors que l'ONU tentait de promouvoir un cessez-le-feu.

«Je pense que cette opération est encore considérée comme une erreur de l'armée israélienne qui n'était pas préparée», estime Efraim Inbar, du centre d'études stratégiques Begin-Sadate.

«Il y a eu beaucoup de confusions au plus haut niveau parmi les militaires tandis que la direction politique a également échoué», ajoute-t-il.

Mais avec le temps, certains en Israël se montrent plus positifs en soulignant que la frontière nord avec le Liban est calme depuis dix ans, souligne Jonathan Spyer, directeur du centre israélien Rubin de recherches pour les affaires internationales.

(ats)

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