Birmanie - Le Japon demande la libération d’un journaliste
Publié

BirmanieLe Japon demande la libération d’un journaliste

Accusé par la junte birmane de «diffuser de fausses informations», le journaliste indépendant japonais Yuki Kitazumi a été arrêté. Tokyo demande sa libération.

De nombreux journalistes ont été arrêtés depuis le putsch de février et la situation reste très instable dans le pays, avec de nombreuses manifestations.

De nombreux journalistes ont été arrêtés depuis le putsch de février et la situation reste très instable dans le pays, avec de nombreuses manifestations.

AFP Photo/Anonymous source

Tokyo a demandé lundi à la junte militaire au pouvoir en Birmanie la libération d’un journaliste japonais accusé de diffuser de fausses informations, arrêté à l’instar de dizaines d’autres reporters depuis le coup d’État.

La situation chaotique du pays, depuis le putsch qui a renversé le 1er février le gouvernement civil mené par le Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, doit être discutée lors d’un sommet des pays du Sud-Est asiatique samedi à Jakarta et le chef de la junte doit y prendre part.

Manifestations constantes

La junte fait face à des manifestations constantes pour réclamer le retour à la démocratie et réprime presque quotidiennement dans le sang ce mouvement de contestation. Au moins 737 personnes ont été tuées et plus de 3000 arrêtées, selon l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Un journaliste indépendant, Yuki Kitazumi, a été arrêté dimanche et, selon un porte-parole de l’ambassade du Japon, a été transféré d’un poste de police à la prison d’Insein, connue pour abriter des prisonniers politiques. «La police nous a informés qu’il avait été arrêté pour suspicion de diffusion de fausses informations», a-t-il dit.

«Nous demandons à la Birmanie la libération au plus vite de cette personne. Nous ferons tout notre possible pour protéger ce ressortissant japonais.»

Katsunobu Kato, porte-parole du gouvernement japonais.

Des diplomates ont demandé à lui rendre visite en prison mais l’autorisation ne leur a pas encore été accordée, a déclaré à l’AFP le porte-parole. Les autorités birmanes ont indiqué à l’ambassade que le journaliste n’avait pas été blessé lors de son arrestation et qu’il était en bonne santé.

«Nous demandons à la Birmanie la libération au plus vite de cette personne. Nous ferons tout notre possible pour protéger ce ressortissant japonais», a déclaré à des journalistes le porte-parole du gouvernement japonais Katsunobu Kato.

Deuxième arrestation

C’est la deuxième fois que Yuki Kitazumi est arrêté depuis le coup d’État. En février, il avait été brièvement interpellé lors d’une intervention de la police anti-émeute contre des manifestants.

La presse a souvent été ciblée par les forces de sécurité, au moment où les autorités tentent de contrôler davantage l’information, en restreignant l’accès à internet ou en révoquant les accréditations de certains médias birmans.

Au moins 65 journalistes et photographes ont été arrêtés depuis le putsch, dont 34 restent derrière les barreaux selon l’organisation Reporting ASEAN. L’AAPP a indiqué que trois reporters originaires de l’État Kachin, travaillant pour le «Myitkyina News Journal», étaient détenus dans un centre d’interrogatoire. «Dans ces centres, les détenus sont contraints de faire et signer des aveux, parfois sous la torture», a indiqué l’AAAP.

«Guérilla urbaine»

Dans tout le pays, des habitants continuent malgré tout de s’opposer à la junte. Dans la ville de Myingyan (centre), d’intenses affrontements entre les habitants et l’armée se sont produits au cours des deux derniers jours.

Au moins quatre personnes ont été touchées par balles lundi après-midi et l’une d’elles n’a pu être soignée, a indiqué à l’AFP un habitant, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat pour des raisons de sécurité. Il n’était pas possible de savoir dans l’immédiat combien de personnes ont été tuées à Myingyan.

«Il y a encore quelques tirs. C’est comme une guérilla urbaine dans la ville», a-t-il dit, ajoutant que les gens tentaient de se défendre avec des armes artisanales.

«L’armée n’a autorisé personne à être dans la rue. Ils tirent sur ceux qu’ils voient dehors. Ils ont essayé d’inspecter maison par maison pour arrêter les manifestants», a-t-il ajouté. Selon lui, l’armée a aussi mis le feu à des motos. Au moins six personnes, dont l’une âgée de 13 ans, ont été arrêtées à Myingyan, selon un journal local.

Sur le plan politique, des députés birmans du parti d’Aung San Suu Kyi ont annoncé vendredi la formation d’un gouvernement fantôme pour rétablir la démocratie.

Ce «Gouvernement d’unité nationale» a demandé aux dix pays membres de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) de lui accorder une place au sommet et appelé les pays à ne pas reconnaître la junte, dont le chef, le général Min Aung Hlaing, effectuera à cette occasion son premier voyage à l’étranger.

(AFP)

Votre opinion