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SanctionsLe Japon s'engage à réduire ses importations de pétrole iranien

le Japon va réduire progressivement ses importations de pétrole iranien, en conformité avec les sanctions américaines visant à stopper l'enrichissement nucléaire de Téhéran.

Extraction de pétrole dans le Golf persique, à Sakhir, en Iran.

Extraction de pétrole dans le Golf persique, à Sakhir, en Iran.

Keystone

Le Japon s'est engagé jeudi à réduire progressivement ses importations de pétrole iranien.

Cette démarche vise à soutenir les sanctions américaines contre la République islamique, accusée par Washington de chercher à se doter d'un arsenal nucléaire.

Lors d'une visite à Tokyo du secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner, le ministre des Finances Jun Azumi a promis de prendre des actions concrètes pour réduire «de manière planifiée» la part de l'Iran dans ses importations de pétrole, actuellement de 10%.

«D'un autre côté, il nous faut du temps dans les domaines relatifs au pétrole raffiné, et j'ai demandé au secrétaire de prendre en compte la situation du Japon», a-t-il dit.

Washington a promulgué le 31 décembre une nouvelle loi prévoyant de sanctionner les institutions financières traitant avec la banque centrale d'Iran, principal canal financier pour les transactions pétrolières de la République islamique.

Mais les Etats-Unis peuvent accorder des dérogations à certains pays s'ils le jugent nécessaire pour garantir la stabilité du marché de l'énergie.

Refus chinois

La Chine, où Timothy Geithner s'est rendu mercredi, a repoussé les appels américains, même si Pékin a réduit ses achats de janvier et février pour une querelle de contrat.

«L'Iran est un fournisseur de pétrole extrêmement important pour la Chine et nous espérons que les importations de pétrole chinoises ne seront pas affectées, car nous en avons besoin pour notre développement», a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Zhai Jun lors d'une conférence de presse.

L'Iran est le troisième fournisseur de pétrole de la Chine après l'Arabie saoudite et l'Angola. Au total, la Chine, le Japon et l'Union européenne absorbent la moitié des exportations de pétrole iranien, qui représentent 2,6 millions de barils par jour.

Jusqu'ici sans effet notoire, les sanctions internationales infligées depuis des années à Téhéran pour condamner la poursuite de ses activités nucléaires sensibles commenceraient à avoir de véritables conséquences sur son économie et pèsent sur le cours du rial, la monnaie nationale.

Des risques d'escalade militaire, prévient la Russie

Le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev estime qu'il y a un risque "d'escalade militaire" en Iran, les Etats-Unis, poussés par Israël, visant selon lui à un changement de régime dans ce pays, dans un entretien publié jeudi.

"Il y a un risque d'escalade militaire dans le conflit, vers laquelle Israël pousse les Américains", a déclaré M. Patrouchev dans cet entretien publié sur le site du quotidien Kommersant.

"Les Etats-Unis considèrent l'Iran comme le problème numéro un. Ils voudraient faire passer Téhéran du statut d'ennemi à celui de partenaire loyal, et pour cela changer par tous les moyens le régime en place", ajoute M. Patrouchev.

"Ils ont recours à l'embargo économique et à une aide massive aux forces d'opposition", poursuit le responsable russe.

"On entend depuis des années les affirmations selon lesquelles les Iraniens vont créer pratiquement la semaine prochaine une bombe atomique (mais) personne n'a encore prouvé l'existence d'un volet militaire dans le programme nucléaire iranien", déclare-t-il.

(ats)

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