Actualisé 20.02.2018 à 13:42

AtoutLe jass met tout le monde d’accord au Palais fédéral

En politique suisse, le jass reste incontournable. C’est le jeu préféré des parlementaires. Et pas seulement à l’UDC…

par
Eric Felley
Ici Liliane Maury Pasquier (PS/GE) et Guy Parmelin (UDC/VD), avant qu’il ne devienne conseiller fédéral.

Ici Liliane Maury Pasquier (PS/GE) et Guy Parmelin (UDC/VD), avant qu’il ne devienne conseiller fédéral.

Laurent Crottet

Samedi dernier, à Stans (NW), 340 mordus ont participé à la Coupe nationale UDC de jass. Depuis plusieurs années, le parti s’est approprié le plus suisse des jeux. «Bien sûr, on a essayé autre chose, relève son organisateur, le conseiller national Felix Müri (UDC/LU), mais c’est vraiment celui-là qui plaît à nos membres.»

Lorsque l’on siège à Berne, pratiquer le jass est un atout certain dans le jeu parlementaire. À une semaine de la session de printemps, certains ou certaines s’y entraînent. À l’instar de la conseillère nationale Isabelle Moret (PLR/VD), qui y jouait dimanche en famille. Depuis qu’elle est au Palais fédéral, la Vaudoise s’est remise au chibre. «Sous la Coupole, il y a un petit tournoi de jass très fréquenté par l’UDC et, lors de la succession de Pascal Couchepin, Fulvio Pelli m’avait demandé d’aller écouter ce qui s’y disait… Je devais me concentrer sur le jeu et en même temps sur les informations…» Durant chaque session s’organisent ces tournois, auxquels participait naguère le conseiller fédéral Guy Parmelin.

Vertus confédérales

Le Valaisan Mathias Reynard (PS) réfute cette appropriation du jass par l’UDC. «Personnellement, j’adore jouer. Encore ce week-end, j’ai participé au tournoi de la Grande Maison, à Chandolin. En Valais, le jass n’a rien à voir avec l’UDC, il n’appartient à aucun parti politique.»

Isabelle Moret observe qu’il a des vertus confédérales. «Avec les Alémaniques, nous avons peu de points communs culturels, observe la Vaudoise. Ce jeu de cartes est une exception; on le joue avec la même intensité des deux côtés de la Sarine, et avec les mêmes règles.» Pour les élus, les parties de chibre représentent aussi un point d’ancrage dans un environnement qui change constamment, voire une certaine nostalgie. Dimanche, Isabelle Moret a d’ailleurs lancé un appel sur Facebook pour retrouver les règles d’un jeu que lui avait appris sa grand-mère jurassienne, une variante nommée «le barbu».

Dans le Jura, nulle trace de ce «barbu». Par contre, on y joue à la «petite bête», un jeu de mises avec trois cartes. À Berne, on ne jouerait pas à l’argent, bien sûr. Mais pour obtenir des informations. Ou pour éviter d’être pomme avec le bour au moment des votes.

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