Football - Le jeu et le sérieux sont les deux mamelles du dauphin
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FootballLe jeu et le sérieux sont les deux mamelles du dauphin

Pour Servette, vainqueur à Zurich dimanche (1-2), l’appétit vient en mangeant. La deuxième place de Super League, qui avait valeur de symbole, est devenue une ambition raisonnable.

par
Simon Meier
Sport-Center

Le dauphin est un cétacé bien sympathique. C’est aussi le seul titre qu’il est encore possible de viser dans cette Super League écrasée par les Young Boys, qui coifferont leur quatrième couronne consécutive dès dimanche s’ils battent Lugano. Cette deuxième place du classement, Servette s’en est emparé le 6 mars, au soir d’un succès contre Bâle. Les Genevois l’ont joliment conservée, dimanche au Letzigrund, en imposant leur supériorité au FC Zurich (1-2, quatrième victoire de la saison face à cet adversaire). Malgré les imperfections de la copie, il y eut suffisamment de jeu et de sérieux pour envoyer un signal fort à la concurrence.

Ambition légitime

Dauphin, au début, ça avait valeur de symbole et de résurrection pour des Grenat qui n’avaient plus occupé le rang depuis 2003. En quelques semaines, c’est devenu une ambition légitime. Dans sa conférence de presse d’après-match, Alain Geiger n’a pas caché que dans le vestiaire, on en causait. L’entraîneur servettien évoque un élan, un progrès, un appétit. Derrière la façade plutôt austère qu’affiche le Valaisan, on sent un truc qui pétille à l’entame du sprint final. Comme le sourire qu’il n’a pas pu retenir à la 69e minute, lorsque Koro Kone (à peine entré) a glissé en retrait pour Kastriot Imeri (à peine entré bis), et bim des 25 mètres dans la lucarne, via une légère déviation de la tête par Blerim Dzemaili.

Lire ici le compte-rendu de la rencontre.

Servette menait alors 2-0 et il aurait très bien pu inscrire le troisième dans les minutes suivantes (grosse parade de Yanick Brecher, sur un tir en pivot à bout portant de Steve Rouiller à la 80e). Après une première demi-heure fade, attentiste, au cours de laquelle Zurich aurait pu ouvrir le score (arrêt de Jérémy Frick sur tête d’Assan Ceesay à la 23e), les Genevois ont retrouvé leur fil habituel: le jeu. Ça a failli payer, avec quatre occasions entre la 32e et la 36e; puis ça a payé dès la reprise suite à un joli mouvement en rupture Timothé Cognat-Théo Valls-Alex Schalk conclu du gauche par ce dernier (46e). Ensuite, ça a presque rigolé, face à des Zurichois vite à cours d’idée ou de rythme (Blerim Dzemaili).

Un alléchant copié-collé

Voilà pour le Servette séduisant, dans la peau du dauphin assumé. Mais s'ils veulent garder leur bien, les Genevois auront tout intérêt à rester éveillés, attentifs aux avertissements. Car il y en a eu, derrière le magnifique bilan comptable de la semaine écoulée. Dimanche, au moment où tout semblait acquis, Servette a réussi à se faire (un peu) peur, juste avant et après la réduction du score par Marco Schönbächler (85e). Personne n’aura oublié que mercredi soir à Vevey, au-delà de la qualification (2-4), le SFC était mené à la mi-temps et tenus en échec à la 84e.

Servette avance, avec ses certitudes et ses fragilités. La semaine qui s’annonce a des airs de copié-collé, avec un quart de finale de Coupe mercredi à Kriens (Challenge League), puis un nouveau déplacement dimanche à Bâle en championnat. Un menu alléchant, avec l’idée d’un trophée qui se dessine gentiment d’un côté; et la volonté de rester dauphin de l’autre. Car en cas de défaite au Parc Saint-Jacques, les Grenat égareraient leur deuxième place. Celle à laquelle ils semblent tant tenir.

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