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TolléLe jeu le plus sulfureux piraté

Des joueurs ont détourné le jeu vidéo «Grand Theft Auto V» afin que leurs personnages puissent violer d'autres participants virtuels.

par
Sandra Imsand

Le jeu le plus sulfureux disponible sur le marché, «Grand Theft Auto V», fait encore parler de lui. Cette fois-ci, bien malgré lui. La version en ligne de ce best-seller est en effet victime d'un détournement depuis quelques jours. Un piratage, en quelque sorte. Ou des mods, selon le terme consacré dans le milieu. Dans ce cas-là, les pirates ont détourné les mimiques d'un personnage existant (un jardinier qui prend du bon temps avec une starlette) pour en faire un serial violeur. Ce personnage, nu ou dont le pantalon est descendu aux chevilles, peut forcer les autres joueurs à un viol ou leur faire faire des mouvements de pole dancing, comme l'a révélé le site Internet spécialisé Kotaku. Une expérience qui a surpris voire choqué des participants victimes de ce détournement.

«Oui, c'est particulièrement gras et stupide, concède Stéphane Laurenceau, producteur de l'émission «Point barre» sur Couleur 3. Mais il faut relativiser. Cela reste quelques personnes qui s'amusent à modifier des pixels.»

Les failles du système

Le spécialiste des jeux vidéo rappelle également que la franchise «GTA» fait partie de la catégorie des jeux sandbox, «bac à sable» en français. «Un jeu où le joueur peut faire beaucoup de choses. Et, visiblement, nous parlons là de vilains garnements qui embêtent les autres.» Des trolls, selon le jargon. Selon Nicolas Akladios, vice-président de l'Association suisse des jeux vidéo, ce phénomène ne sera pas visible longtemps. «Ce sera temporaire. Il s'agit de personnes qui exploitent les failles du système, comme c'est le cas pour un virus. Le développeur doit certainement travailler d'arrache-pied en ce moment pour refermer ces failles.» Il explique également que le jeu vidéo est un processus volontaire, comme la télévision: «Si on assiste à quelque chose qui nous dérange ou nous choque, rien ne nous oblige à le subir. Il suffit d'éteindre et de recommencer une nouvelle partie.» Comme à son habitude, Rockstar Games n'a pas pris officiellement position sur le phénomène. Mais la société déconnecte apparemment systématiquement les «violeurs». «Ça les arrange bien, au final, qu'on parle d'eux», pense Stéphane Laurenceau. Car, si la version online fait déjà un carton, les sorties sur Xbox One, PS4 et sur PC sont prévues d'ici à quelques semaines. Toute publicité est donc bonne à prendre.

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