Zurich: Le jeune multirécidiviste «Carlos» risque l'internement
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ZurichLe jeune multirécidiviste «Carlos» risque l'internement

Le jeune de 23 ans se trouve toujours en prison parce qu'il a tabassé un employé de la prison de Pöschwies (ZH) en 2017. Il parle pour la 1re fois du fait qu'il encourt un «petit internement».

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Le jeune reste derrière les barreaux jusqu'à nouvel ordre.

Le jeune reste derrière les barreaux jusqu'à nouvel ordre.

Keystone

Peu avant sa libération en septembre 2017, le multirécidiviste «Carlos» (lire encadré) s'en était pris à un gardien de la prison zurichoise de Pöschwies. Il y purgeait une peine de 18 mois pour tentative de lésion corporelle grave après avoir brisé la mâchoire d'une connaissance. Le jeune homme, désormais âgé de 23 ans, avait tabassé le gardien, qui avait dû se faire soigner à l'hôpital.

La «NZZ» révèle désormais que «Carlos» risque d'être condamné à une mesure thérapeutique stationnaire, également appelée «petit internement» (lire encadré), pour son ultime accès de violence. Le Ministère public en charge du dossier se penche actuellement sur la question. Un tribunal devrait trancher au courant de l'année prochaine.

D'ici là, le multirécidiviste reste derrière les barreaux. Il a répondu aux questions du quotidien alémanique par le biais de son avocat. «Un internement serait pire que la peine de mort.» Et d'ajouter: «Je ne suis pas un ange, mais on me fait passer pour un monstre. La vérité se trouve quelque part au milieu.»

«Carlos» a déjà passé près de 7 années en institutions fermées ou en prison. «C'est grave parce que je suis encore jeune et que je devrais construire mon avenir. Mais on m'empêche de le faire. J'ai l'impression qu'on ne cherche pas à m'intégrer.»

Pour pouvoir être condamné à un «petit internement», l'auteur doit notamment présenter un trouble mental. C'est ce qui semble être le cas pour le jeune homme puisqu'un expert lui avait déjà attesté un trouble dissociatif de la personnalité. Le hic: cette expertise ne se base que sur ce qui est écrit dans les dossiers. Selon la «NZZ», «Carlos» n'a pas parlé avec une psychiatre. «C'est quand même incroyable qu'on essaie de me cerner en tant que personne uniquement en se basant sur mon dossier et sur quelques brèves discussions.»

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il a sombré si tôt dans la délinquance, le jeune répond: «Je traînais avec de mauvaises personnes et des personnes plus âgées que moi.» Il avoue aussi être rapidement vexé et vouloir toujours à tout prix s'imposer.

Mesure thérapeutique stationnaire ou petit internement

L'article 59 du Code pénal stipule que le juge peut ordonner un traitement institutionnel à un prévenu qui souffre d'un grave trouble mental si l'auteur a commis le crime en relation avec ce trouble ou s'il est à prévoir que cette mesure le détournera de nouvelles infractions en relation avec ce trouble.

La privation de liberté entraînée par le traitement ne peut excéder cinq ans, précise le paragraphe 4 de l'article 59. Le juge peut prolonger la mesure de cinq ans si les conditions d'une libération conditionnelle ne sont pas réunies après cinq ans.

L'affaire «Carlos»

«Carlos» s'est fait connaître du grand public à l'occasion de la diffusion d'un reportage de la télévision alémanique SRF en août 2013. L'émission avait dévoilé que l'encadrement spécial mis en place pour le jeune délinquant multirécidiviste coûtait 29'000 francs par mois.

Ces révélations avaient provoqué un tollé. Les mesures de réinsertion avaient alors été interrompues et «Carlos» avait été replacé en milieu carcéral avant de ressortir de prison en février 2014 sur ordre de la justice. Il avait alors suivi un programme de réinsertion moins onéreux jusqu'en juin, puis a continué à être pris en charge jusqu'en septembre.

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