09.09.2020 à 05:41

RétorsionLe juge «traître» dont l’UDC ne veut plus

Situation paradoxale: le juge fédéral valaisan Yves Donzallaz est prié de quitter son parti, l’UDC, s’il veut être soutenu par lui!

par
Eric Felley
Entendu hier par le groupe parlementaire UDC des Chambres fédérales, le juge fédéral Yves Donzallaz est prié de couper les ponts avec le parti.

Entendu hier par le groupe parlementaire UDC des Chambres fédérales, le juge fédéral Yves Donzallaz est prié de couper les ponts avec le parti.

KEYSTONE/Gaetan Bally

«Si Yves Donzallaz ne considère plus l’UDC comme sa patrie politique et s’il décide jusqu’au 23 septembre 2020 de quitter le parti, le groupe UDC serait prêt à soutenir sa réélection comme juge fédéral sans parti». C’est par cette forme de sommation paradoxale que le groupe UDC des Chambres fédérales a communiqué hier sa position pour la réélection du juge fédéral valaisan le 23 septembre prochain.

Yves Donzallaz est juge fédéral depuis 2008, date à laquelle il a été élu au Tribunal Fédéral comme candidat de l’UDC. il a été réélu en 2014 pour la période 2015-2020 qui s’achève. Depuis, il a pris certaines décisions qui n’ont pas plu aux dirigeants de l’UDC, comme celle de transférer les données de 42 000 clients UBS à la France en 2019. La cour fédérale avait fait ce choix par 3 voix contre 2, dont celle d’Yves Donzallaz. Le conseiller national Pirmin Schwander (UDC/SZ) avait demandé alors sa destitution immédiate, chose évidemment impossible. Mais d’autres dirigeants UDC avaient promis de le remettre au pas lors de sa réélection.

Auditionné par le groupe mardi, le juge valaisan a raté son examen: «Il s’est avéré que les valeurs qui animent Yves Donzallaz s’écartent sur des points essentiels de celles de l’UDC, note le communiqué du groupe. Après une discussion constructive, le groupe UDC a donc décidé de recommander à l’Assemblée fédérale la non-réélection du juge fédéral Yves Donzallaz en tant que membre de l’UDC».

Mais le parti le soutiendrait quand même en tant que juge fédéral sans parti. Ainsi, l’UDC conserverait son droit à un autre siège dans la répartition faite au sein du Tribunal fédéral en fonction de la force des partis. Reste à connaître d’ici le 23 septembre la position des autres groupes sur le choix d’un juge fédéral «sans parti», ce qui représente une situation inédite.

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41 commentaires
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Hubert

09.09.2020 à 08:09

Où se trouve l'indépendance de la justice si les partis tirent les ficelles des 3 pouvoirs ?

BUCO

09.09.2020 à 07:29

La dépendance envers quelque parti que ce soit peut s'avérer fort néfaste.

HatunPuka

09.09.2020 à 07:20

Ce qui m'interpelle aussi dans cet article c'est ce concept de "patrie politique". Ce qui sous entend qu'il y a une patrie à laquelle on doit obéissance absolue à l'intérieur même de la patrie. Je ne peux m'empêcher de voir en cela le mode fonctionnement de certains états passés ou actuel où règnent/règnaient des parties uniques d'un extrême ou d'un autre.