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ImpasseLe Jura n'est toujours pas une terre d'accueil

Déception pour le gouvernement jurassien: les citoyens de Bure ont refusé l'implantation d'une aire d'accueil pour les gens du voyage.

par
Vincent Donzé
Une place d'accueil à Rennaz, dans le canton de Vaud.

Une place d'accueil à Rennaz, dans le canton de Vaud.

Marius Affolter/24Heures

Jeudi soir, dans un vote sans valeur juridique, les citoyens de Bure se sont opposés à l'implantation d'une aire d'accueil pour les gens du voyage sur des terrains appartenant à la Confédération, après le dépôt d'une pétition. Résultat: 235 à... 3. «Nous n'avons pas de police locale pour encadrer leurs nuisances», a relevé une opposante selon qui «ils pourrait facilement s'enfuir après leurs méfaits», la frontière française étant toute proche. Les villageois estiment endurer suffisamment de nuisances avec la place d'armes.

Après le vote de jeudi soir, le ministre socialiste Michel Thentz a pris acte du refus de Bure: «Alors que les prémices d'un dialogue entre autorités cantonales et communales s'engageaient, la population de Bure a clairement exprimé, en assemblée communale extraordinaire, son refus que soit poursuivie l'étude quant à la possibilité de réaliser une aire d'accueil pour les gens du voyage étrangers sur son territoire.

«Comme tous les cantons suisses, le Jura a l'obligation d'accueillir les gens du voyage. Pour ce faire, il doit résoudre la délicate équation entre le respect des minorités reconnues et le respect de la population autochtone», poursuit Michel Thentz.

Selon les autorités, «la République et canton du Jura s'apprête à vivre une année particulière en matière d'accueil des gens du voyage étrangers». D'un côté, l'aire provisoire de Bassecourt doit prochainement faire place au chantier d'une aire de repos de l'A16 et de l'autre, le canton doit impérativement réaliser à très court terme une aire définitive pour répondre à ses obligations.

Le gouvernement jurassien regrette que «malgré quelques ouvertures initiales, les Services de l'Etat se retrouvent confrontés à la non entrée en matière de différents interlocuteurs», qu'ils soient publics ou privés. Il dit craindre des occupations illicites.

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