Climat: Le kiwi pourrait envahir la Suisse
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ClimatLe kiwi pourrait envahir la Suisse

La plante, d'origine chinoise, pousse désormais à l'état sauvage en Suisse, comme à Nidwald ou au Tessin.

Le kiwi n'est que partiellement résistant au gel et ne survit pas à des températures très basses.

Le kiwi n'est que partiellement résistant au gel et ne survit pas à des températures très basses.

Keystone

Une plante de kiwi croissant à l'état sauvage a été découverte ce printemps près de Stans, dans le canton de Nidwald. Cette liane agressive d'origine chinoise pourrait, avec le réchauffement, devenir invasive.

Jusqu'ici, le kiwi (Actinidia deliciosa), ou groseille de Chine, cultivé pour ses fruits en Suisse également, n'était pas considéré comme problématique. La découverte faite à Nidwald pourrait changer la donne, lit-on dans le dernier bulletin «Protection des forêts: Actualités» de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL).

A Stans, la plante se trouvait sur une surface dévastée par l'ouragan Lothar en 1999. La liane vigoureuse avait étranglé de jeunes érables sycomores qui en portaient les traces, des déformations bien visibles du tronc.

En Nouvelle-Zélande, le kiwi est considéré comme une plante envahissante. Aux Etats-Unis, la dangerosité du kiwi, après une phase d'alarme dans l'Etat du Massachusetts en 2002, a été revue à la baisse. L'espèce est considérée comme un «problème limité qu'il faut garder à l'oeil».

Par les oiseaux

Un petit oiseau indigène d'Australie et de Nouvelle-Zélande, le zostérops à dos gris, joue dans ce dernier pays un rôle central pour la propagation des graines. Des essais ont révélé que le taux de germination des graines qui ont traversé le tube digestif de l'oiseau est de 64%, alors que les semences ne germent quasiment jamais à partir de fruits tombés au sol.

Le fait qu'une graine de kiwi ait pu germer dans une forêt suisse permet de déduire que des oiseaux indigènes propagent ces semences. Il faut donc surveiller cette plante, estime le WSL. Au Tessin aussi, on observe de plus en plus souvent des kiwis en forêt, sur des rives ou en zone urbaine où ils forment parfois des peuplements étendus.

Peu résistant au gel

Le kiwi n'est que partiellement résistant au gel et ne survit pas à des températures très basses. C'est pourquoi il ne faut pas s'attendre actuellement à une propagation illimitée. Ceci pourrait cependant changer si le réchauffement du climat se poursuit, conclut le WSL.

Le kiwi a été introduit en 1904 en Nouvelle-Zélande, puis cultivé et commercialisé. En Suisse, les plantations occupent une surface de 2000 ares, l'équivalent de 28 stades de football. On en trouve notamment sur la Côte vaudoise.

(ats)

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