29.10.2019 à 11:12

Le Labour accepte la tenue d'élections anticipées

Brexit

Après trois rejets des députés, Boris Johnson revient à la charge mardi pour tenter de lancer des législatives anticipées.

Les 27 s'accordent pour un nouveau report du Brexit

Le Labour, le principal parti d'opposition au Royaume-Uni, a donné mardi son accord à la tenue d'élections anticipées, que va tenter d'obtenir dans la journée Boris Johnson au parlement, a annoncé son chef Jeremy Corbyn.

«Notre condition d'exclure une sortie sans accord est désormais remplie», avec le report de la date du Brexit accordé par l'Union européenne, a déclaré M. Corbyn devant les membres haut placés du parti, promettant de lancer «la campagne la plus ambitieuse et la plus radicale pour un véritable changement que notre pays ait jamais vue».

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, tente mardi une quatrième fois de convoquer des élections anticipées en décembre pour obtenir une majorité et sortir de l'impasse le Brexit. La sortie de l'UE a été repoussée une troisième fois.

Après le rejet lundi par les députés d'un texte convoquant des législatives le 12 décembre, le dirigeant conservateur a aussitôt annoncé préparer un nouveau vote. Il espère ainsi se redonner une majorité, ce qui lui permettrait d'honorer enfin sa promesse de mettre en oeuvre le Brexit, pour lequel les Britanniques ont voté à 52% lors du référendum de juin 2016.

Majorité simple

Alors que le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne devait se produire ce jeudi, les 27 autres membres de l'UE ont donné lundi leur feu vert à une prolongation jusqu'au 31 janvier.

Quelques heures plus tard, la Chambre des communes a rejeté le texte du gouvernement convoquant des élections le 12 décembre, qui n'a reçu le soutien que de 299 députés alors qu'il fallait pour ce vote une majorité des deux tiers de 434 voix. Les travaillistes, première formation d'opposition, ont bloqué le texte en s'abstenant, expliquant vouloir d'abord écarter le risque d'une sortie sans accord.

Les députés avaient déjà rejeté deux tentatives de Boris Johnson, arrivé au pouvoir en juillet avec la promesse d'un Brexit le 31 octobre, d'organiser un vote en septembre.

Déterminé à mettre un terme à cette «paralysie», le chef du gouvernement tente de nouveau de déclencher des élections anticipées mardi. Utilisant les subtilités du système électoral britannique, il compte pour cela présenter un texte de loi fixant la date des élections au 12 décembre. Une telle procédure ne nécessite qu'une majorité simple, mais ouvre la voie à une bataille d'amendements sur les modalités des élections.

Recherche d'un compromis

Le texte pourrait obtenir le soutien de certains partis d'opposition, comme les formations europhiles, le Parti national écossais (SNP) et les Libéraux-démocrates, qui espèrent une victoire du camp anti-Brexit dans les urnes.

Pour les convaincre, le ministre chargé des relations avec le Parlement, Jacob Rees-Mogg, a assuré lundi que le gouvernement ne soumettrait pas de nouveau aux députés le texte prévoyant l'application de l'accord de Brexit conclu avec l'UE il y a une dizaine de jours.

Ces partis veulent que l'élection se produise avant la mise en oeuvre du Brexit, d'où la nécessité d'élections le plus tôt possible selon eux et un bras de fer sur la date souhaitée pour le scrutin. Écartant la date du 12 décembre, le député libéral-démocrate Chuka Umunna a laissé entendre sur la BBC qu'un compromis pourrait être trouvé.

(ats)

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