04.06.2020 à 12:48

Le Lausanne-Sport n'est plus vaudois

Football

Avec les licenciements d'Iglesias et Thurre, Ineos s'en prend à l'ADN du LS. Ce n'est sans doute pas fini.

par
Simon Meier
Bob Ratcliffe fait la moue. Le président du LS est en train de procéder à un sacré ménage.

Bob Ratcliffe fait la moue. Le président du LS est en train de procéder à un sacré ménage.

Keystone

Après Léonard Thurre, ex-responsable du scouting, au tour du directeur sportif Pablo Iglesias. Ineos, propriétaire du Lausanne-Sport depuis mars 2018, continue son ménage de printemps – en attendant les mouvements de l’été. Alors que le retour au terrain se profile, le futur néo-promu en Super League prépare en outre son déménagement au stade de la Tuilière. L’occasion rêvée pour vider les cartons et faire le tri. Derrière ces licenciements se dessine un message fort. Une vérité qui ne plaira pas à tout le monde – à commencer par les amoureux du LS: leur club, de moins en moins vaudois, ressemble plus que jamais à un satellite de l’OGC Nice, membre supérieur de la galaxie Ineos.

Bien sûr, il y a encore Stefan Nellen à bord, vice-président, mais il ne serait pas surprenant qu’il disparaisse de l’organigramme dans les mois à venir. Il reste aussi Vincent Steinmann, responsable du marketing, et quelques autres, pour essayer de nourrir le lien entre le club et ses racines. Mais avec Pablo Iglesias, dont le contrat courait jusqu’en juin 2022, c’est – hormis certains joueurs – la dernière figure identitaire locale qui doit quitter le navire. Ineos et le président Bob Ratcliffe, qui a informé en personne l’équipe et l’entraîneur Giorgio Contini jeudi matin, sont en train de bouleverser complètement l’ADN du Lausanne-Sport.

Lorsqu’on s’y prend ainsi, il faut absolument offrir des résultats aux supporters. La promotion parmi l’élite, premier objectif déclaré, ne devrait pas faire un pli sur le terrain, malgré les vagues en coulisses. Mais ensuite, il faudra être capable de présenter un programme alléchant, ambitieux pour l’inauguration du nouveau stade. Car tous ceux qui s’étaient émus d’un changement de logo avorté, voici deux ans, ne supporteront ni la moindre forme de médiocrité, ni la sale impression de voir leur LS comme l’outil plus ou moins négligeable d’une stratégie bâtie pour profiter à d’autres.

Les mois à venir diront si, une fois le grand ménage effectué, la greffe peut prendre entre les Ratcliffe brothers et le futur ex-club de la Pontaise. Parce qu’à sacrifier la «vaudoiserie» du Lausanne-Sport sur l’autel de plus vastes projets, Ineos aura des comptes à rendre à la populace. Sous forme de résultats probants.

Simon Meier

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