Athlétisme - Le Letzigrund a retrouvé ses habits de lumière
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AthlétismeLe Letzigrund a retrouvé ses habits de lumière

Après l’annulation du meeting l’année dernière, le Weltklasse a fêté en grande pompe son retour sous les feux de la rampe.

par
Florian Müller
(Zurich)
La dernière course de Lea Sprunger à Zurich, un grand moment de la soirée du Weltklasse, même si le résultat n’était pas au rendez-vous pour la Vaudoise.

La dernière course de Lea Sprunger à Zurich, un grand moment de la soirée du Weltklasse, même si le résultat n’était pas au rendez-vous pour la Vaudoise.

AFP

Pour le Weltklasse, c’était une forme de renaissance. Après avoir connu les affres de l’annulation pure et simple en 2020, la faute à la crise sanitaire, le meeting historique retrouvait ses habits de lumière jeudi soir. «L’athlétisme est de retour à la maison», se félicitait Sebastian Coe, le patron de l’IAAF, en ouverture de la soirée. Pas moins de 23 champions olympiques de Tokyo étaient de la partie, accompagnés de 12 Suisses qualifiés pour le programme principal, signe de la bonne santé de l’athlétisme helvétique. Le tout gratiné d’un menu gargantuesque: 25 finales de Diamond League cougnées en quelque trois heures de compétition.

À cette densité inédite, pour le dernier meeting de la saison, les athlètes ont offert un feu d’artifice au public du Letzigrund. Pas de record de monde, mais des tonnes de meilleures performances de la saison, pourtant riche et chargée jusque-là, et des émotions fortes. À commencer par Lea Sprunger. C’était son dernier meeting de Diamond League, en guise de soirée d’adieu à ce public zurichois: la Vaudoise n’a pas vraiment réussi sa sortie, pour son plus grand désarroi. Très empruntée dès le départ de son 400 mètres haies, elle terminait la course à la huitième et dernière place. «J’ai tout fait faux, de la première à lultime haie, ça me fait de la peine», soufflait-elle, avant de fondre en larmes sous l’ovation appuyée du stade.

Les larmes de Lea Sprunger ont ému le public du Letzigrund.

Les larmes de Lea Sprunger ont ému le public du Letzigrund.

AFP

Sur le très attendu 100 mètres féminin, les Suissesses, doubles finalistes à Tokyo, ont une nouvelle fois répondu présent. Mujinga Kambundji et Ajla Del Ponte ont sprinté au coude-à-coude, comme tout au long de la saison, avec un record personnel à la clé pour la Bernoise (10’’94). La Tessinoise (10’’93) s’est même payé le luxe de monter sur la troisième marche du podium, derrière l’intouchable Elaine Thompson-Herah (10’’65, record du meeting).

«Être troisième sur une course pareille, à la maison, encore une fois sous les 11 secondes, c’est génial, soufflait Del Ponte. La charge émotionnelle que le public m’a apportée, ça m’a vraiment aidée. Malgré cette longue saison, je sens que je peux encore livrer la marchandise, c’est positif dans la gestion de mes performances, je vois que là aussi je progresse.» La Suissesse la plus rapide de l’histoire terminera son extraordinaire exercice 2021 chez elle lors du meeting de Bellinzone, le 14 septembre.

Kambundji proche du record

Pour Kambundji, la soirée n’était pas terminée. Une heure plus tard, au départ du 200 mètres, sa véritable discipline de prédilection, elle «échouait» à un centième seulement d’un nouveau record de Suisse (22’’27). La Bernoise prenait toutefois une très belle quatrième place. «Je me sentais bien, je voulais faire ce record ici, mais voilà, tant pis, expliquait-elle. Un jour ça viendra, j’ai ce record dans les jambes, c’est certain. C’était une super soirée, jai un niveau incroyable et une constance au plus haut niveau, c’est une super sensation d’avoir autant confiance en ses capacités.»

Mujinga Kambundji sent qu’elle a le record de Suisse du 200 mètres dans les jambes.

Mujinga Kambundji sent qu’elle a le record de Suisse du 200 mètres dans les jambes.

AFP

Attendu sur le 110 mètres haies, après son record de Suisse (13’’12) établi en août à La Chaux-de-Fonds, Jason Joseph a connu une cruelle élimination avant même la course. Un faux départ qui dit beaucoup de la volonté de bien faire du Bâlois, mais qui dit aussi une nervosité certaine lors des grands événements, lui qui était passé à côté aux JO de Tokyo.

La fête pour Warholm

Rayon international, le meeting de Zurich a pu vivre des athlètes au meilleur de leur forme, comme à ses grandes heures. Malgré la fatigue accumulée, Karsten Warholm a trouvé la force pour aller chercher la victoire sur 400 mètres haies et le diamant qui va avec. «C’est l’heure de faire la fête maintenant», glissait le Norvégien, recordman du monde à Tokyo.

Karsten Warholm s’est offert le diamant sur 400 mètres haies.

Karsten Warholm s’est offert le diamant sur 400 mètres haies.

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À la perche, les femmes comme les hommes ont également fait le boulot. La Russe Anzhelika Sidorova franchissait une barre à 5,01 mètres, record personnel et meilleure performance de la saison, plus si loin du record du monde de Yelena Isinbayeva (5,06 mètres), établi lors de ce même Weltklasse en 2009. Armand Duplantis, lui, battait le record du meeting en franchissant 6,06 mètres. Le Suédois, visiblement fatigué au terme d’une saison où il a tenté le record du monde à presque chacune de ses sorties, a puisé dans ses dernières ressources pour ravir le public et encore chatouiller une barre à 6,19 mètres, las sans succès.

En début de soirée, et comme à son habitude désormais, la Vénézuélienne Yulimar Rojas a fait le show au triple saut. Déjà très en jambes à Athletissima, elle a établi jeudi soir un nouveau record du meeting en sautant à 15,48 mètres, pour reléguer la concurrence à près d’un mètre.

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