Hockey sur glace - Le maire de Riga retire les drapeaux du Belarus et de l’IIHF

Publié

Hockey sur glaceLe maire de Riga retire les drapeaux du Belarus et de l’IIHF

La ville lettone qui accueille le championnat du monde est devenue une scène de communication politique, ce qui a le don d’énerver René Fasel, président de la Fédération internationale.

Emmanuel Favre
par
Emmanuel Favre
A Riga, les étendards du Belarus ont été remplacés par des drapeaux de la liberté brandis par l’opposition.

A Riga, les étendards du Belarus ont été remplacés par des drapeaux de la liberté brandis par l’opposition.

AFP

Les scènes se sont déroulées mardi à Riga, la capitale lettone qui accueille le championnat du monde de hockey sur glace auquel l’équipe de Suisse participe. Même si le tournoi se dispute à huis clos (des spectateurs pourraient être autorisés la semaine prochaine selon l’évolution de la situation épidémique) et que les acteurs de la compétition vivent dans une bulle sanitaire, la ville balte a décoré plusieurs quartiers avec les drapeaux des seize nations participantes ainsi qu’avec celui de la Fédération internationale (IIHF).

Mardi matin donc, deux jours après le déroutement d’un avion de la compagnie Ryanair attribué au régime du Bélarus, certains de ces îlots de promotion sont devenus des lieux de communication politique. A l’initiative du maire de Riga, Martins Stakis, les étendards du Belarus ont été remplacés par des drapeaux de la liberté brandis par les opposants du président Alexandre Loukachenko durant les manifestations qui sont régulièrement organisées et réprimées dans les rues de Minsk.

Ces actes ont choqué le directoire de l’IIHF, qui a fait part de son étonnement et de son courroux dans une lettre signée par René Fasel (président) et Luc Tardif (trésorier). «Nous vous demandons d’enlever urgemment le drapeau de l’IIHF des mêmes zones, à l’instar du drapeau du championnat du monde, qui porte le nom de l’IIHF. En accord avec les statuts de l’IIHF, nous sommes une organisation sportive apolitique, et nous demandons que l’IIHF ne soit pas associée à des actes de nature politique que vous avez effectués en changeant le drapeau de l’un de nos membres. Merci de nous confirmer aussi rapidement que possible que le nom et le logo de l’IIHF et du championnat du monde ne soient plus reliés à un drapeau qui n’est pas celui du Belarus, l’un de nos membres.» Et de conclure: «Vous pouvez bien sûr réinstaller le drapeau du Belarus (...).»

Martins Stakis a répondu par un nouvel acte: il s’est empressé de retirer les bannières de l’IIHF. Un choix qui fait sourire et qui énerve René Fasel, joint par téléphone. Le sourire? «Dans deux semaines, il y a des élections communales en Lettonie. Disons que le maire a trouvé une caisse de résonance pour faire parler de lui.»

«Je déteste que le sport soit pris en otage»

René Fasel, président de l’IIHF

L’énervement? «Je déteste que le sport soit pris en otage, qu’une compétition devienne une arme politique.» Le Fribourgeois, qui est en poste depuis 1994 et qui rendra son képi en septembre 2021 lors du Congrès de Saint-Pétersbourg, étaie son propos: «Cela fait partie du monde d’aujourd’hui et je le regrette. Je demeure cependant convaincu que le sport est suffisamment puissant pour être un terrain de paix et de rapprochement des peuples. Souvenez-vous de ce que nous avions réussi aux Jeux olympiques de PyeongChang en 2018: présenter une équipe féminine de Corée unifiée avait constitué un formidable message. Le sport doit rassembler et non pas diviser.»

Le président suisse redoute-t-il une escalade? Que le drapeau et l’hymne du Belarus soient remplacés sur les lieux de compétition? «Non, là, on est chez nous et cela ne se passera pas.»

Ton opinion