Actualisé 11.03.2013 à 13:43

PénurieLe manque de médecins est lié à la spécialisation

Malgré une pénurie de médecins en Suisse, les hautes écoles continuent d'appliquer le numerus clausus dans les Facultés de médecine.

Keystone

Malgré une pénurie de médecins en Suisse, les hautes écoles continuent d'appliquer le numerus clausus dans les Facultés de médecine. Les universités reconnaissent que ces tests d'aptitude limitent encore le nombre de futurs médecins formés, mais selon elle le problème est ailleurs.

Il se situe surtout dans le choix des spécialités, écrit lundi la Conférence universitaire suisse (CUS). Ce n'est pas la structure d'accueil qui est le plus problématique, mais le fait que les médecins formés ne s'orientent pas nécessairement «vers des spécialités où la pénurie de relève indigène se fait le plus cruellement sentir».

Les médecins ne se spécialisent pas forcément dans la médecine de famille ou la psychiatrie, explique la CUS dans un communiqué. Malgré ce constat, la conférence relève «la volonté de prendre des dispositions garantissant la prise en charge médicale de la population existante». Plusieurs universités ont ainsi amélioré leur structure d'accueil.

Hausse des capacités d'accueil

Bâle a augmenté ses capacités d'accueil de 12 places, Berne de 55 et Zurich de 40. Dans le même temps, Genève et Lausanne ont elles augmenté leurs capacités cliniques de respectivement 34 et 40 places. Etant donné la durée de la formation, les effets de cette hausse n'ont pas encore pu être évalués, relève la CUS.

Des efforts insuffisants pour répondre au nombre de personnes intéressées par le métier. Dans les universités de Bâle, Berne, Fribourg et Zurich, 3270 personnes se sont ainsi inscrites aux études de médecine humaine pour la rentrée 2013, alors que les capacités d'accueil s'élèvent à 713 places.

Le nombre d'inscriptions est de 396 (contre 139 places) pour les études de médecine dentaire et de 478 (contre 150 places) pour les études de médecine vétérinaire. Les universités sont par conséquent contraintes de recourir à des tests d'aptitude, car elles n'ont pas les capacités d'accueil pour faire face à la hausse d'inscriptions.

Au vu du nombre d'inscriptions, la CUS recommande donc de limiter pour l'année académique 2013-2014 l'accès aux études de médecine humaine, dentaire et vétérinaire dans ces quatre universités. Un test d'aptitudes aura par conséquent lieu le 5 juillet pour les personnes inscrites dans ces disciplines.

Médecins étrangers

Pour combler cette pénurie structurelle, la Suisse fait par conséquent appel aux médecins étrangers. Ainsi, la densité de médecins en Suisse reste relativement élevée: elle se situe à 4.06 pour 1000 habitants, contre 2.67 pour le Royaume-Uni et 3.53 pour l'Allemagne.

Et la CUS de trancher: «Le fait de former davantage de médecins suisses ne réduira en rien l'attractivité de notre pays pour les médecins étrangers».

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!